‹ Idées et doctrines littéraires du 17e siècle (extraits des préfaces, traités et autres ecrits théoriques)Chapitre 31 sur 125 · IV. — DT'ilaîii de Fantiquitc · texte numérisé non relu

IV. — DT'ilaîii de Fantiquitc

Les Dames ont esté les premières prises à cet appas ; elles ont fait toute leur élude des Romans, et ont tellement méprisé celle de l'ancienne fable et de Thisloire, qu'elles n'ont plus entendu des ouvrages qui tiroient de là autrefois leur plus grand ornement. Pour ne rougir plus de cette ignorance, dont elles avoient si souvent occasion de s'appercevoir, elles ont trouvé que c'estoitplutost fait de désapprouver ce qu'elles ignoroient, que de l'apprendre : sans se souvenir de ces trois illustres Marguerites, et de tant d'autres dames, qui ont honoré la France et l'Italie par leur savoir. Les hommes ont suivi l'exemple des femmes pour leur plaire; ils ont condamné ce qu'elles condamnoient, et ont appe lié pédanterie ce qui faisoit une partie essentielle de la politesse, encore du temps de Malherbe. Les Poêles, et les autres écrivains François qui l'ont suivi, ont esté contraints de se soumettre à ce jugement, et plusieurs d'entre eux, voyant que la connaissance de l'antiquité leur estoit inutile, ont cessé d'étudier ce qu'ils n'osoient plus mettre en usage. Ainsi une bonne cause a produit un très-mauvais effet, et la beauté de nos romans a attiré le mépris des belles Lettres.

D. HuEi', De V Origine des Romans.

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