‹ Idées et doctrines littéraires du 17e siècle (extraits des préfaces, traités et autres ecrits théoriques)Chapitre 50 sur 125 · IV. — Les principaux ornements du style sont · texte numérisé non relu

IV. — Les principaux ornements du style sont

i° La politesse du langage.

La bienséance exige que nous voilions la deformité des choses de l'honnesteté des paroles.

Balzac, Entretien xxxiv, ch. i.

Les scrupules d'autruy (des Italiens),., m'avoient subtilisé le goust de telle façon, et m'avoient rais devant les yeux une telle idée de pureté, que les moindres souillures les offensoient, et que je ne trouvois pas supportable, ce que j'avois autrefois trouvé excellent.

Balzac, Les Passages deffendus^ DefTense iii«.

De quel front peut-on dire à une femme, quand on luy parle d'un homme, quelle verra sa misère nue ?... Le mot demisereoude pauvreté appliqué à un horaraenud, n'estil pas capable de recevoir une sale interprétation? ne representet'il pas à une femme, quelque chose qui lui offense la veuë ?

Balzac, Remarques sur les deux sonnets, ch. xii.

Je ne sçay pas ce qu'aujourd'huy onestimeleplusdans les livres, mais je sçay bien ce que je feray; la douceur et

la majesté paroistront avec un si juste tempérament, que personne n'y trouvera rien de lasche ny de fa-ouche. Balzac, Lettre à Bois-Robert, 11 fév. 1624 (III, x).

2° V harmonie de la phrase et de la période.

Les accords de la musique, et les nombres des vers ne sont pas plus justes ny plus réglés que les cadences de ses périodes Je ne veux pas dire que les mesures de la prose soient poétiques... Je dis seulement que si M. de Balzac faisoit luy-mesme une langue, et mesloit à son choix les consonnantes et les vo3'elles en la composition de ses mots, afin qu'il n'y eut aucune sorte de discordance, ny de rudesse, il ne contenteroit pas les bonnes oreilles plus qu'il les contente : car il est vray qu'elles demeurent toujours satisfaites à la dernière S3'^llabe de ses périodes, et ne trouvent jamais ny trop, ny trop peu d'une seule lettre.

Ogier, Apo ogie pour M. de Ba zac.

N'est-il pas vray qu'il faut d'abord chercher la construction, et aller assez loin pour trouver le sens complet?. ..

Les longues, ou clauses, ou périodes, font de la peine à la bouche, donnent à l'esprit un exercice désagréable : et c'est, comme vous sçavez, un grand secret de nostre art, de sçavoir couper et partager.

Balzac, Entretien vi, ch. ii.

Prenez la peine, pour l'amour demoy, de la distinguer * par sections, qui soient les unes longues et les autres moins, selon que vous le jugerez à propos, et que votre oreille le conseillera; outre que semblables intervalles donnent jour aux choses et les font mieux voir et mieux remarquer, l'esprit du lecteur n'est pas fasché de trouver de temps en temps de ces reposoirs pour ^e délasser. Balzac, Entrelien vi, ch. vu.

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