La pério
3'^ Les figures [principalement les comparaisons^ hyperboles, répétitions de mots).
La comparaison ayant esté inventée pour nous faciliter l'intelligence de quelque subjet, et nous \^. rendre plus familière, doit estre nette et démonstrative, et la raison veut que le moyen dont on se sert pour esclaircir quelque matière, soit plus clair et plus évident que 1^ matière mesme de laquelle on parle : autrement, au lieu de luy donner de la lumière, ce seroit la vouloir éclairer avec des ténèbres, et la cacher pour la faire voir.
Ogier, Apologie pour m. de Balzac.
Au reste, ce ne sont pas seulement les poètes et les orateurs gaillards qui tirent des comparaisons et des naetaphores de ces belles choses, pour embellir leur langage : l'austerite mesme du Christianisme apris quelquefois plaisir à de si agréables objets, et vous pouvez ^voir veu en plus d'un endroit des anciens pères, les lis de la virginité et les roses du martyre.
Balzac, Entretien v, cb- li.
Qu'il me die ce qui les choque en mon stile, je suis prest de luy donner toute satisfaction. Si ce sont les hyperboles qui luy desplaisent, j'en purifieray mes lettres quand on les réimprimera. Je me confesseray de toutes celles quej'ay faites, et feray un vœu solennel de n'en faire plus. Ce n'est pas qu'il faille blasmer ceux qui se servent de cette figure. Car sans parler des autheurs humains, il faudroit blasmer le Fils de Dieu, et vous sçavez qu'il a dit qu'il est plus aisé à un chameau de passer par le trou d'une aiguille, qu'à un riche d'entrer dans le royaume des cieux.
Balzac, Lettre à Bois-Robert, 8 déc. 1634 (VI, l).
En conscience je n'eus jamais tant besoin de cette officieuse figure, qui aide les bonnes intentions, qui acquitte les debtes despauvres; quinon-seulementesgaleleschoses
parles paroles, mais qui les sçait grandir jusqu'à l'infini. Vous la connoissez, Madame, sous le célèbre nom d'hyperbole; et je vous advouë que je l'abandonnay lascliement, il y a près de dix-huit ans, par je ne sçay quelle mauvaise honte que me causèrent les reproches et la mesdisance de mes ennemis. C'a esté, certes, à mon grand dommage.
Balzac, L>Htrc a M »e d'- Rambouillet^ 10 août 1644 (XI, xxviii).
Nos amis de Grèce et d'Italie Tentendoient bien mieux. Comme la gaillardise de leur stile n'en diminuoit point la dignité, l'estendue de leurs discours n'enervoit point la vigueur de leurs pensées : ces corps n'estoient pas lasches pour estre longs. Les redites, s'il y en avoiten leurs discours, estoient concluantes et nécessaires, couronnoient la beauté de la chose, adjoustoient la perfection à la fin...
De cette sorte sont bonnes les Répétitions. Et peut-on trouver mauvaise une rechargequi asseure la victoire, et qui oste au vaincu tout moyen et toute espérance de se révolter?
Balzac, Socr. clirét.^ Avant-propos.