‹ Idées et doctrines littéraires du 17e siècle (extraits des préfaces, traités et autres ecrits théoriques)Chapitre 58 sur 125 · Coinpnrer cette foi'itiule avec celle de Kaciae, p · texte numérisé non relu

Coinpnrer cette foi'itiule avec celle de Kaciae, p

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ne se fût pas trouvé à la fin véritable père de Chimene, ou que contre Topinion de tout le monde il ne fût pas raort de sa blessure, ou que le salut du roy et du rovaume eût absolument dépendu de ce mariage, pour compenser la violence que souffroit la nature en cette occasion... tout cela, disons-nous, auroit esté plus pardonnable, que de porter sur lascene l'événement toutpur ettout scandaleux, comme l'histoire le fournissoit. Mais le plus expédient eust esté de n'en point faire de poëme dramatique, puisqu'il estoit trop connu pour l'altérer en un poin! si essentiel, et de trop mauvais exemple pour l'exposer à la veuë du peuple, sans l'avoir, auparavant, rectifié.

Chapelain, Sentimens,

Il ne faut pas s'imaginer que toutes les belles histoires puissent heureusement paroître sur la scène, parce que souvent toute leur beauté dépend de quelque circonstance que le théâtre ne peut soulirir... On demande .. en cette matière jusqu'à quel point il est permis au poêle de changer une histoire quand il la veut mettre sur le théâtre. Surquoi nous trouvons divers avis, tant chez les anciens, que chez les modernes; mais je tiens pour moi qu'il le peut faire non seulement aux circonstances, mais encore en la principale action, pourvu qu'il fasse un beau poëme... C'est une pensée bien ridicule d'aller au théâtre *ippren'lre l'histoire. La scène ne donne point les choses comme elles ont été, mais comme elles devroient être.. Le théâtre doit tout restituer en état de vraisemblance et d'agrément.

D'AuBiGNAC, Pratique du thédlre^ liv. II, ch. i.

Le Poëte ne considère dans l'Histoire que la vraysemblance des evenemens, sans se rendre esclave des circonstances qui en accompagnent la vérité. De manière que pourveu qu'il soit vray-semblable que plusieurs actions se soient aussi bien pu faire conjointement que

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^:ep^rément, il est libre au poëte de les rapprocher, si par c moyen il peut rendre son ouvrage plus merveilleux.

Chapelain, Scntimcns.

Pour la dernière (des objections) oij vous trouvés à dire que Ton parle en vers et mesme en rime sur le ihcâtre, je suis très d'accord avec vous, et l'absurdité m'en semble si grande, que cela seroit capable de me faire perdre l'envie de travailler jamais à la poésie scénique quand j'y aurois une violente inclination. Et en cela notre langue se peut dire plus malheureuse qu'aucune autre, estant obligée, outre le vers, à la tyrannie de la rime, laquelle oste toute la vraysemblance au théâtre, et toute la créance à ceux qui y portent quelque estincelle de jugement.

Chapelain, Ze^^res^r Varidram i tique. (Cf. Ch. Arnaud, Etude sur d\4ubignac^ appendice IV, p. 346.)

Y. — La ri'g-le des trois unités; elle est nécessaire pour produire la vraisemblance.

Ce fut monsieur Chapelain qui fut cause que l'on commença à observer la règle de vingt-quatre heures dans les pièces de théâtre... Il communiqua la chose à monsieur Mairet, qui fit la Sophonisbe, qui est la première pièce où celte règle est observée "•.

Sesraisiana^ p. 144.

1. Il paraît liicn daill' urs que cet honneur fait à Chapelain est graliiit. et q:ic In jiensÎDn cpi'il aurait reçue pour sa découverte des unités ne date que de 1636, année de l'apparition du Cid. (Cf. L:vi-.T, note p. 131 de ViJist. de l'Acad. t 11.)

Quoi qu'il en soit, la Sophonisbe e^t de 1629, et la Lettre sur l'art drainât que de Chapelain, qu'a publiée M. Ch. Arnaud dans sou lltude sur d'Aiibt^nac^ est de 1630 «l c'esi la \>r m ei e expiesbiou couuuc des senli-> mcuts de Chapeiaiu sur les trois aullus.

Quelque temps auparavant il ^ avoit eu du cardinal de Ptichelieu une pension de pareille somme (1000 écus) et cela, au sortir d'une conférence sur les pièces de théàlre, où il montra en présence du Cardinal, qu'on devoit indi^.pensablement observer les trois fameuses unités, de temps, de lieu et d'action. Rien ne surprit tant quo cette doctrine; elle n'étoit pas seulement nouvelle pour le Cardinal ; elle l'étoit pour tous les poètes qu'il avoit ;i ses gages. Il donna dès lors une pleine autorité sur eux à M. Chapelain. Et quand il voulut que le Cid fut critiqué par l'Académie, il s'en reposa principalement sur lui. Pellisson, Hist. de ÎAcad, française^ Ed. Livet. 1858. ï. II, 130-131.

La seconde condition est l'unité d'action, c'est-à-dire qu'il y doit avoir une maistresse et principale action à laquelle loutes les autres se rapportent comme les lignes de la circonférence au centre...

La troisiesme et la plus rigoureuse est l'ordre du temps, que les premiers tragiques reduisoient au cours d'une journée ; et que les autres, comme Sophocle en son Antigone, et Terence en son 'EauTOVTiijLOjj:ouut.£vo; de IMenander, ont estendu jusqu'au lendemain... 11 paroist donc qu'il est nécessaire que la pièce soit dans la règle, au moins des vingt-quatre heures : en sorte que toutes les actions du premier jusqu'au dernier acte, qui ne doivent point demeurer au deçà ny passer au delà du nombre de cinq, puissent estre arrivées dans cet espace de temps.

Cette règle qui se peut dire une des loix fondamentales du théâtre, a toujours esté religieusement observée parmy les Grecs et les Latins ^. Et je m'estonne que de nos escrivains dramatiques, dont aujourd'huy la foule est si grande, les uns ne se soient pas encore advisez de les

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