‹ Idées et doctrines littéraires du 17e siècle (extraits des préfaces, traités et autres ecrits théoriques)Chapitre 60 sur 125 · VI. — Distinction de la trag-édîe et de la comédie · texte numérisé non relu

VI. — Distinction de la trag-édîe et de la comédie

Tragédie n'est autre chose que la représentation d'une avanture héroïque dans la misère, Est adversse fortunœ in ad^ersis comprehensio... La Comédie est une représentation d'une fortune privée sans aucun danger de vie... De sorte que la Tragédie est comme le miroir de la fragilité des choses humaines, d'autant que ces mesmes roys et ces mesmes princes qu'on y voit au commencement si glorieux et si triumphans y servent à la lin de pitoyables preuves des insolences de la Fortune. La Comédie au contraire est un certain jeu qui nous figure la vie des personnes de médiocre condition, et qui monstre aux pères et aux enfans de famille la façon de bien vivre réciproquement entre eux.

Mai R ET, Sit'vanire, préface.

Dans la Tragédie, qui est la plus noble espèce des pièces de théâtre, le poète imite les actions des grands dont les fins ont esté malheureuses, et qui n'estoienl ni trop bons ni trop meschans.

Dans la Comédie, il imite les actions des personnes de petite condition, tout au plus de médiocre, dont les fins ont esté heureuses \

Chapelain, Sommaire d'une poc.ùjue dramatique^ Variante. (Cf. Arnaud, fit. sur d'Aubignac, appendice iv, 3, p. 349.)

1. « La Comodie a etè dite par Live Aiidi onique... le miroer de Lt vie : par ce qu'aa ele s'iolrodu se personnes populere- : déqiieles laut gardor la bieuseance, selon la condicion e état de chacune. Cet assavoer. qu'il aut fero voèr bii-ii oculeremant l'avari e, ou la prudaiice des vielli r» : los amours e ardeurs des jeunes antans de meson : les astuces et ruscs de leurs amies... la vanlerie e braveté d'na toudarl ictire de la gut-ire : la dilig'ance des nourrices : Tindulgance des mères...

< La Comédie e la Tragédie ont de commun qu'eles conlienet chacune cinq actes, ni plus ni mo ns. .\u demeurant eles sont tout< s diverses. Car .>u lieu des personnes comiques, qui sont de basse con-li iou : an la Tragidie s'iutroduiset roes, princes e grans seigneurs. E au lieu qu'an la Comédie, les choses ont joveuse issue : an la .riigedie, la lin *'X tousjours luctueusu e iamantable ou l:orpible a voè;- Car la matière d'içele, sout occasions, exiz, maleure;is d<llnemans de lorlunes, d'anfans et ue parans... l'arlant, clcs doevet eue du tout diferantes an stile... » (Jacqu; s pKLbTiiiR, AU poétique, p. 70-72, 1555.)

CHx\PITRE V

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