‹ Idées et doctrines littéraires du 17e siècle (extraits des préfaces, traités et autres ecrits théoriques)Chapitre 61 sur 125 · LA. THAGEDIE DE CORNEILLE · texte numérisé non relu

LA. THAGEDIE DE CORNEILLE

I. — Le but de la trsgôdie est de plaire, non de moraliser, (p. 120.)

II. — La moralité de la tragédie résulte moins de l'emploi des « sentences », du choix de personnages vertueux, de la récompense des bons et de la punition des méchants, au dénoûment, que de la <( naïve peinture des mœurs ». Corneille peintre, non du devoir, mais de la volonté, (p 122.)

III. — La tragédie ne peut « plaire » au spectateur qu'en « remuant fortement ses passions » En conséquence, elle devra choisir pour sujet un « fait illustre », a invraisemblable ». Ce fait sera historique, sans quoi le spectateur n'y pourrait donner créance, (p. 125 )

IV. — L'observation exacte de la règle des « trois unités » est gênante et bannit du théâire beaucoup de (( belles choses ». Ces règles, donc, le poète a le droit de a les apprivoiser adroitement » et de les • élargir ». (p. 128.)

V. — Ce n'est pas l'amour, mais des passions plus mâles et capables d'exciter l'admiration, qui doivent soutenir la tragédie, (p. 134.)

VI. — Le héros cornélien, tout bon ou tout mauvais. Les rois doivent être peints au théâtre, moins dans

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les particularités de leur condition que dans leur « humanité ». (p. 135 )

VII. — Technique dramatique de Corneille : exact ajustement de toutes les parties de la tragédie,

a) Exposition courte el complète.

ù) Liaison des actes.

c) Liaison des scènes.

dj DcnoùnK-nt naturel.

VIII. — Il faut observer rigoureusement la vérité dramatique, dans les récits, les monologues, l'expression des sentiments, (p 141 )

IX. — Distinction de la tragédie et de la comédie. Genre intermédiaire : la comédie héroïque (p. 14.3.)

TEXTES CITES

Cor.MciLLE : Préface de a Clitandre », 1630.

— Epttrc de « La Suisante », 1634.

— Epitre de « La Vem'e ». 1634.

— Epitre de « Médée », 1635.

— Epitre de (( La Suite du Menl, ur », 16 i3.

— Pi é face d' « Hé radius », 16i7.

— Ai'ertissement du « Cid », 16i8.

— Lettre dédicaloire de « Don Saiiche », 1650.

— Trois Discours sur l'art drainaii(/ue, 1660.

— Les Examens, 1660.

— Epitre de « Sophonishe », 1663.

— Lettre à Saint-E\remond, 16G6.

l. — Le hut de la trai»:é(lie est de plaire, non de moraliser.

Puisque nous faisons des poèmes pour être représentés, notre premier but doit être de plaire à la cour et au

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peuple, et d'altii-er un grand monde à leurs représentations. Il faut, s'il se peut, y ajouter les règles, afin de ne déplaire pas aux savants, et recevoir un applaudissement universel ; mais surtout gagnons la voix publique.

CoRNEiLLi-, La SaU-ante, Épître dédicntoire.

Si j'étois de ceux qui tiennent que la poésie a pour but de profiter aussi bien que de plaire, je tâcherois de vous persuader que celle-ci [la Suite du Menteur) est beaucoup meilleure que l'autre [le Menteur), à cause que Dorante y paroît beaucoup plus honnête homme, et donne des exemples de vertus à suivre ; au lieu qu'en l'autre il ne donne que des imperfections à éviter ; mais pour moi qui tiens, avec Aristote et Horace, que notre art n'a pour but que le divertissement, j'avoue qu'iM est ici bien moins à estimer qu'en la première comédie, puisque, avec ses mauvaises habitudes, il a perdu presque toutes ses grâces, et qu'il semble avoir quitté la meilleure part de ses agréments lorsqu'il a voulu se corriger de ses défauts. Vous me direz que je suis bien injurieux au métier qui me fait connoître, d'en ravaler le but si bas que de le réduire à plaire au peuple... A cela, je vous dirai que ceux-là même qui mettent si haut le but de l'art sont injurieux à l'artisan, dont ils ravalent d'autant plus le mérite, qu'ils pensent relever la dignité de sa profession.

CoiiNEiLLE, La Suite du Menteur, épitre.

Bien que, selon Aristote, le seul but de la poésie di'amatique soit de plaire aux spectateurs, et que la plupart de ces poèmes leur aient plu, je veux bien avouer toutefois que beaucoup d'entre eux n'ont pas atteint le but de l'art. « Il ne faut pas prétendre, dit ce philosophe, que ce genre de poésie nous donne toute sorte de plaisir, mais seulement celui qui lui est propre » ; et pour trouver ce plaisir qui lui est propre, et le donner aux spectateurs, il

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