L'ODE
J, — L'essence de l'ode, selon Bolleau, est l'impétuosité, réclat, le sublime. Les élans du poète pindarique. <« esprit entièrement hors de soi », comjïarés aux « sages emportements de Malherbe » .
L'Ode, avec plus d'éclat ^, et non moins d'énergie, Elevant jusqu'au ciel son vol ambitieux, Entretient dans ses vers commerce avec les dieux. Aux athlètes dans Pise elle ouvre la barrière, Chante un vainqueur poudreux au bout de la carrière, Mène Achille sanglant aux bords du Simoïs, Ou fait fléchir 1 Escaut sous le joug de Louis. Tantôt, comme une abeille ardente à son ouvrage, Elle s'en va de fleurs dépouiller le rivage ; Elle peint les festins, les danses et les ris,
Son style impétueux souvent marche au hasard ; Chez elle un beau désordre est un effet de l'art. Loin ces rimeurs craintifs, dont l'esprit flegraalique Garde dans ses fureurs un ordre didactique ; Qui, chantant d'un héros les progj'ès éclatants. Maigres historiens, suivront l'ordre des temps. Ils n'osent un moment perdre un sujet de vue ; Pour prendre Dôle, il faut que Lille soit rendue, Et que leur vers exact, ainsi que Mézeray, Ait fait déjà tomber les remparts de Courtrai.
BoiLEAU, Art poétique, ch. il.
Il - a surtout traité de ridicules ces endroits merveilleux où le poète ^, pour marquer un esprit entiè-