‹ Idées et doctrines littéraires du 17e siècle (extraits des préfaces, traités et autres ecrits théoriques)Chapitre 92 sur 125 · Pindare · texte numérisé non relu

Pindare

rement hors de soi, rompt quelquefois de dessein formé la suite de son discours ; et, afin de mieux entrer dans la raison, sort, s'il faut ainsi parler, de la raison même, évitant avec grand soin cet ordre méthodique et ces exactes liaisons qui ôteraient l'âme à la poésie lyrique... Pour revenir à Pindare... j'ai cru que je ne pouvais mieux justifier ce grand poëte qu'en tâchant de faire une ode en français à sa manière, c'est-à-dire pleine de mouvements et de transports, où l'esprit parût plutôt entraîné du démon de la poésie^ que guidé par la raison.... J'y ai jeté, autant que j'ai pu, la magnificence des mots ; et, à l'exemple des anciens poètes dithyrambiques, j'y ai employé les figures les plus audacieuses, jusqu'à y faire un astre de la plume blanche que le roi porte ordinairement à son chapeau... Je ne sais si le public, accoutumé aux sages emportements de Malherbe, s'accommodera de ces saillies et de ces excès pindariques.

BoiLEAU, Discours sur Vocle,

II. — L'ode au contraire, selon La Fontaine, veut plus de « patience » que de « feu »>.

... L'ode qui baisse un peu Veut de la patience, et nos gens ont du feu.

La Fontaine, Epître à Ilnct

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