‹ Idées et doctrines littéraires du 18e siècle (extraits des préfaces, traités et autres écrits théoriques)Chapitre 19 sur 106 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

TDRGOT

Second discours sorbonnique, sur les progrès de l'esprit

humain (1750).

Les g-ermes des sciences et des arts sont partout où il y a des hommes ; mais ces g-ermes se développent plus ou moi us, suivant que le milieu est plus ou moins favorable. D'ailleurs, si les sciences sont indéfiniment progressives, il est dans les arts un point de periection qu'on ne saurait dépasser ; il a été atteint par les anciens.

Les ressources de la nature et le germe fécond des sciences se trouvent partout où il y a des hommes. Les connaissances les plus sublimes ne sont et ne peuvent être que les premières idées sensibles, développées ou combinées, de même que l'édifice dont ia hauteur étonne le plus nos regards, s'appuie nécessairement sur cette terre que nous foulons aux pieds ; et les mêmes sens, les mêmes organes, le spectacle du même univers, ont partout donné aux hommes les mêmes idées, comme les mêmes besoins, et les mêmes penchants leur ont partout enseigné les mêmes arts.

TUUGOT, Second discours sur les progri''s de l'esprit humain.

IDÉES ET DOCTRINES LITTÉRAIRES DU XVIÎl* SliXLE 59

Sans doute, l'esprit humain renferme partout le principe des mêmes progrès ; mais la nature, inégale en ses bienfaits, a donné à certains esprits une abondance de talents qu'elle a refusés à d'autres : les circonstances développent ces talents, ou les laissent enfouis dans l'obscurité ; et de la variété infinie des Cix'constances, naît l'inégalité des progrès des nations.

Ibid.

La connaissance de la nature et de la vérité est infinie comme elles. Les arts, dont l'objet est de nous plaire, sont bornés comme nous. Le temps fait sans cesse éclore de nouvelles découvertes dans les sciences ; mais la poésie, la peinture, la musique, ont un point fixe, que le génie des langues, l'imitation de la nature, la sensibilité limitée de nos organes déterminent, qu'elles atteignent à pas lents et qu'elles ne peuvent passer. Les grands hommes du siècle d'Auguste y arrivèrent et sont encore nos modèles.

CIIAPiTRl:: XI

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