Shakespeare
1G8 iDÉi-s ET DOCT.;i.\n:s litii-raires du xviii" siècle
genre est au-dessus de toute l'antiquité, ce Molière dont le trône est vacant.
Voltaire, Défense de Louis XIV.
La raison en est que Racine, dans tous ses ouvrages, depuis son Alexandre, est toujours élégant, toujo.irs correct, toujours vrai, qu'il parle au cœur, et que l'autre ' manque trop souvent à tous ces devoirs. Racine passa de bien loin el les Grecs et Corneille dans l'intelligence des passions, et porta la douce harmonie de la poésie, ainsi que les grâces de la parole, au plus haut point où elles puissent parvenir. Ces hommes enseignèrent à la nation à penser, à sentir et à s'exprimer.
Voltaire, Siècle de Louis XIV, eh. xxxii.
Je vous prêcherai donc éternellement cet art d'écrire que Despréaux a si bien connu et si bien enseigné, ce respect de la langue, cette liaison, cette suite d'idées, cet air aisé avec lequel il conduit son lecteur, ce naturel qui est le fruit de l'art, et cette apparence de facilité qu'on ne doit qu'au travail. Un mot mis hors de sa place gâte la plus belle pensée.
Voltaire, Lettre à Helvétius, 20 juin 174i.
Je ne m'étonne point qu'un esprit aussi sage et aussi fin donne la préférence à l'art de Racine, à cette sagesse toujours éloquente, toujours maîtresse du cœur, qui ne lui fait dire que ce qu'il faut, et de la manière dont il le faut; mais, en même temps, je suis persuadé que ce même .i;oût, qui vous a fait sentir si bien la supériorité de l'art de Racine, vous fait admirer le génie de Corneille, qui a créé la tragédie dans un siècle barbare. Les inventeurs ont le premier rang à juste titre dans la mémuiie des hommes.
Voltaire, Lettre à Vauvenargues^ 15 avril 1743.