‹ Idées et doctrines littéraires du 18e siècle (extraits des préfaces, traités et autres écrits théoriques)Chapitre 94 sur 106 · Ne\vtûn · texte numérisé non relu

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380 IDÉES ET DOCTRINES LlTlÉlîAinES

siècle dernier... C'est en effet dans cet espace de temps que l'esprit humain a fait les plus grands progrès...

Voltaire, Siècle de Louis XIV, ch. xxxiv.

On doit ces prcgrès [de la civilisation en Europe au XVII* siècle] à quelques sages, à quelques génies répandus en petit nombre dans quelques parties de l'Europe, presque tous longtemps obscurs, et souvent persécutés : ils ont éclairé et consolé la terre pendant que les guerres la désolaient.

Voltaire, Siècle de Louis XIV, ch. xxxiv.

Tous les genres de science et de liuérature ont été épuisés dans ce siècle; et tant d'écrivains ont étendu les lumières de l'esprit humain, que ceux qui, en d'autres temps, auraient passé pour des prodiges, ont été confondus dans la foule. Leur gloire est peu de chose à cause de leur nombre, et la gloire du siècle ea est plus gi'ande.

Ibid.^ ch. XXXI.

C) Le spectacle de Vliistoire des hommes est celui d'une vaste scène de brigmndage et de saccagements...

Si nous jetons les yeux sur les premiers temps de notre histoire de France, tout en est peut-être aussi faux qu'obscur et dégoûtant.

Voltaire, La philosophie de l'histoire, lu.

Il faut d«nc, encore une fois, avouer qu'en général toute cette histoire est un ramassis de crimes, de folies et de malheurs, parmi lesquels nous avons vu quelques vertus, quelques temps heureux, comme on découvre des habitations répandues çà et là dans des déserts sauvages. Voltaire, Essai sur les mœurs, ch. cxcvii.

Au milieu de ces saccasrements et de ces destructions.

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que nous observons dans l'espace de neuf cents années, nous voyons un amour de l'ordre qui anime en secret le genre humain, et ([iii a prévenu sa ruine totale. C'est un des ressorts de la nature qui reprend toujours sa force.

IbicL, ch. cxcvii.

Puisque la nature a mis dans le cœur des hommes l'intérêt, l'orgueil et toutes les passions, il n'est pas étonnant que non s ayons vu, dans une période d'environ dix siècles, une suite presque continue de crimes et de désastres.

Ibid., ch. cxcvii.

On peut demander comment, au milieu de tant de secousses, de guerres intestines, de conspirations, de crimes et de tolies, il y a eu tant d'iiommes qui aient cultivé les arts utiles et les arts agréables en Italie, et ensuite dans les autres pays chrétiens.

Ibid., ch. cxcvii.

d) L'histoire d'une nation ne peut être séparée de celle des autres nations. Conception de ï histoire générale.

Il eut été a souhaiter qu'il (Bossuet) n'eut pas oublié entièrement les anciens peuples de l'Orient, comme les Indiens et les Chinois, qui ont été considérables avant que les autres nations fussent formées.

Nourris de productions de leurs terres, vêtus de leurs étoffes, amusés par les jeux qu'ils ont inventés, instruits même par leurs anciennes fables morales, pourquoi négligerons-nous de connaître l'esprit de ces nations, chez qui les commerçants de notre Europe ont voyagé dès qu'ils ont pu trouver un chemin jusqu'à elles ?

Ibid,, avant-propos.

Il résulte de ce tableau que tout ce qui tient intimement à la nature humaine se ressemble d'un bout de l'univers à l'autre ; que tout ce qui peut dépendre de la

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coutume est différent, et que c'est un hasard s'il se ressemble. L'empire de la coutume est bien plus vaste que celui de la nature; il s'étend sur les mœurs, sur tous, les usages; il répand la variété sur la scène de l'univers : la nature y répand l'unité; elle établit partout un petit nombre de principes invariables : ainsi le fonds est partout le même, et la culture produit des fruits divers.

Ibid.^ ch. cxcvii.

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