‹ Idées et doctrines littéraires du 19e siècleChapitre 15 sur 75 · V. Hugo, Odes et Ballades, préface de · texte numérisé non relu

V. Hugo, Odes et Ballades, préface de

Où entend tous les jours, à propos de productions littéraires, parler de la dignité de tel genre, des contenances de tel autre, des limites de celui-ci, des latitudes de celuilà; la tragédie interdit ce que le roman permet; la c'ianson tolère ce que YOde défend, etc. L'auteur de ce livre a le malheur de ne rien comprendre à tout cela; il y cherche des choses et n'y voit que des mots; il lui semble que ce qui est réellement beau et vrai est beau et vrai partout; que ce qui est dramatique dans un roman sera dramatique sur la scène; que ce qui est lyrique dans un couplet sera lyrique dans une strophe; qu'enfin et toujours la seule distinction véritable dans les œuvres de l'esprit est celle du bon et du mauvais. La pensée est une terre vierge et féconde dont les productions veulent croître librement, et, pour ainsi dire, au hasard, sans se classer, sans s'aligner

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en plates-bandes, comme les bouquets dans un jardin classique de Le Nôtre, ou comme les fleurs du langage dans un traité de rhétorique.

Il ne faut pas croire pourtant que cette liberté doive produire le désordre; bien au contraire...

En littérature comme en politique, l'ordre se concilie merveilleusement avec la liberté; il en est même le résultat.

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