I. Ponsard pailc de sa tragédie d'Ulysse
l'ai prise telle qu'elle est dans le poème '... Ensuite je me suis efforcé de ramener les vers du drame aune simplicité extrême, et je me suis donné, pour arriver à ce résultat, autant de peine que d'autres pour entasser les images éclatantes et les idées ambitieuses. Enfin j'ai relégué le lyrisme dans les chœurs...
Ponsard, Études antiques, préface.
Parler comme la nature, voilà tout.
Ibid.
Je n'ignore pas... qu'on trouve trop peu d'invention dans mes intrigues, et trop de simplicité dans l'action de mes drames. Je conviens même qu'il n'y a pas beaucoup de complication, et qu'on n'y tombe pas de surprise en surprise et de péripétie en péripétie. Mais quoi! deux systèmes sont en présence, et je les crois inconciliables. Ou l'on ne se propose que d'amuser le spectateur et de tenir sa curiosité en éveil par des coups de théâtre multipliés et des intrigues bien embrouillées; alors il faut renoncer au développement des sentiments et des caractères, à la peinture des mœurs et des idées d'une époque, car toute la place est prise par la préparation des incidents, les transitions, les explications et les combinaisons. Dans ce système la situation naît toujours d'un événement extérieur, qui peut arriver ou ne pas arriver, qui dépend du hasard et non de la volonté des personnages, et dont toutes les circonstances sont tellement essentielles à la marche du drame, que, si on en changeait une seule, le drame n'existerait pas.
Ou bien il s'agit de représenter les mœurs d'un siècle, en les résumant dans les hommes célèbres qui en sont la personnification; il s'agit de développer un caractère, une passion ou un sentiment; en ce cas on n'a pas le loisir d'amasser des incidents et des complications; on va droit