‹ Idées et plans pour la méditation et pour la prédicationChapitre 12 sur 17 · I.cvos'voi», emportei yo^re lil et mar · texte numérisé non relu

I.cvos'voi», emportei yo^re lil et mar

Voici maintenant un autre paralytique, qui Pelait depuis trente-huit ans, et que Notre-Seigneur a guéri par une parole. Nous allons voir comment ce miracle se reproduit fréquemment de nos jours par la même vertu.

Récit du fait évangélique :

Jérusalem, c'est l'Église. La piscine de fietfasaîda, où le premier malade qui descendait après que l'ange en avait remué Teau était guéri, est le symbole des lonls baptismaux et du tribunal de la pénitence, où les âmes enchaînées par les liens ou péohé, et qui en sont de- Tenues les esclaves, retrouvent la liberté avec la pureté.

I/ange qui descend à certains moments et rcnnie Teau pour la rendre salutaire, c'est la grâce qui arrive quand il plaît à Dieu, et le malade, qui a le bonheur de saisir le moment où elle agit, est guéri.

Le pauvre paralytique qui attendait depuis trenteluiit ans au bord de la piscine sans pouvoir y entrer,

représente beaucoup d'autres malades de nos jours.

Hs se sentent malades et voudraient guérir. Pour cela ils vont à PÉglise ; ils s'approchent de la piscine

et sentent le l)esoin d'y descendre ; mais ils n'en ont pas la force ou ne se mettent jamais en mesure de le faire.

11 y a toujours quelriuë obstacle qui les arrête : les affaires, les plaisirs, de vieilles habitudes, et surtout le respect liumain.

Ils restent donc dans leur mal, iaute d'user du remède céleste qui les en délivrerait, et ils sont paralysés moralement, puisqu'ils ne peuvent avancer dans la voie de la justice et de la charité.

Et (juand on leur demande s'ils veulent guérir, ils répondent aussi (|u'ils le désirent depuis longtemps, mais qu'ils n'ont personne pour les porter dans la piscine : Heminem non haheOj ut mittat me in piseinam,

CVst un liunnne occupé des a Ha ires de TEtat ou des siennes, et qui ne trouve pas le temps de vaquer à la plus grande des affaires, à celle de son salut, sans laquelle tontes les autres ne lui serviront de rien : howinemnon habeo^ etc.

C'est un savant qui veut connaître toutes choses, excepté ce qu'il y a de plus important. Dieu et son âme : hominem non habeo^ etc.

C'est un artiste qui cherche partout le beau et les émotions qu'il procure pour le contempler et le reproduire, et qui, ne s'élevant jamais à la source de la heauté, ignore celle de son âme qui en est l'image : hominem non habeo^ etc.

C'est un femme dominée par l'amour du monde et des créatures, et qui n'y cherche que les jouissances

de son cœur ou de ses sens. Elle sent qu'elle n'est pas dans la voie chrétienne, et Youdrait y rentrer,

mais sans renoncer à ce qu'elle aime le plus; et elle ne trouve point de directeur assez commode pour lui permettre d'accommoder ce qui est inconciliable : hominem non habeo^ etc.

Et pendant que les uns et les autres tergiversent ou reculent devant un obstacle, l'Esprit de Dieu, qui leur parlait au cœiir et qui n'est pas écouté, passe, et c'est un autre qui profite du bienfait de la piscine sacrée.

Et ce vain désir de guérir et cette impuissance de le satisfaire peuvent durer longtemps, comme il est arrivé pendant trente-huit années au paralytique de Bethsaïda. Plusieurs meurent ayant d'avoir travaillé à leur gttérison.

D'autres, découragés de leur impuissance, s'éloignent de la piscine du salut et restent paralysés.

Heureux ceux qui persistent à demander et à chercher ce qui leur rendra la vie du ciel 1 S'ils ont véritablement la ))onne volonté de guérir et font ce qu'ils peuvent à cette fin, un jour ou l'autre le Sauveur aura pitié d'eux.

11 leur demandera : Vis sanus fimf c'est-à-dire : « es-tu décidé à faire tout ce qui est nécessaire pour être guéri, et crois- tu que je puisse te guérir?

Et si la disposition de leur cœur répond à sa demande, il leur dira : Surge^ toile grabatum tuimj et ambula.

Surge ^ lève-toi par un effort généreux, et ne

reste plus couché dans les ténèbres du monde et à l'ombre de la mort!

Lève-toi, comme l'enfant prodigue, qui a secoué

SIXIÈME SÉRIË.

sa misère et sa dégradation pour retourner à sou père !

Toile grabatum Imm. Emporte ton grabat qui te portait, c'est-à-dire brise les liens qui te tenaient captif,

et domine maintenant ce qui le rendait esclave, tes sens, tes passions, tes mauvaises habitudes, et amlmhty marche droit et ferm<e dai s la voie nouvelle qui t'est ouYerte.

Mais surtout n'use de la vie qui t'est rendue que

])()ur iiiorilier ton Sauveur et travailler à l'accomplissemeat de sa volonté sur la terre comme au ciel.

Eece sanus factus es;jam noli peceare^ ne deterius tibi aliquid eontifigat.

Car les guérisons miraculeuses obligent dayantago, el il sera plus demandé à celui qui a plus reçu.

Chrétiens, s'il y a dans cette assemblée uno àme paralysée depuis longtemps, comme le malade de Bethsaïda, et qui n'ait pas encore la force de descendre dans la piscine salutaire, Jésus est \h ; nous l'en avertissons. 11 la regarde, il l'interroge avec bonté! qu'elle le regarde donc à son tour avec confiance, qu'elle lui avoue sincèrement sa misère en implorant son secours avec foi, et, nous le lui affirmons, si elle fait simplement ce qui lui sera dit, elle retrouvera miraculeusement la force de se lever et de marcher dans la voie du ciel.

Diyitized

LES MIRACLES DE JÉSLS-CURIST.

Vîl

(luin autnn i idisset JeHus fidem illontm ail paralytico : Fili, dimUlnnlur tibi pec' eala tua (Marc. ii).

Jësos, vc^anl leur foi, dit au paralytique : Mon fil«, los péclW» vous sionl remi-^.

La guérison du troisième paralytique, racontée en détail par saint Marc et saint Luc, offre à notre méditation ce caractère particulier, que le miracle phv-

• siqne s'y Iroiivo joint au miracle moral, et que celuici amène celui-là pour en être la conlirmation auprès des Juifs incrédules. Jésus guérit d'abord le malade de sa maladie morale en le délivrant de ses péchés, et, j)our preuve de sa puissance lihéialrii c», il accomplit le miracle sensible de le taire marclier : ce qui frappe davantage l'esprit de la multitude.

Mais il y a encore ici une autre particularité consolante, c'est cjue cette guérison parait accordée* encore plus à la foi des amis du malade qu'à la sienne propre : ce (jui est un grand encouragement à prier et à faire des bonnes œuvres pour attirer la grâce en des âmes qui n'ont pas la foi, ou dont la foi est faible.

Tel est le sujet de celle méditation.

T^écit du fait évangélique. *

Et venmmt ad mm ferentes parahjtieum.

m SIXIÈME SÉRIE.

Il est évident que ces braves gens croient vivement à la puissance de Jésus-Clirist. ils viennent de loin lui apporter le malade et avec beaucoup de peine.

Ne pouvant l'approcher à cause de la foule, ils vont jns(jirà découvrir le toit de la maison pour le placer devant lui : ce qui j)arait déraisonnable.

Cest la folie de la foi, qui ne doute de rien par la confiance en Dieu. Pourvu qu'ils arrivent à Jésus, tous les moyens leur sont bons, et aucun effort ne leur coûte.

Exemple des saints et des âmes profondément chrétiennes, qui sont prêts à tout souffrir et à tout faire pour amener les pécheurs à Jésus-Christ, même au péril de leur vie.

Nous avons encore assez de foi pour déplorer le sort de ceux qui n^cn ont pas. Us nous inspirent même une grande pitié, et nous essayons quelque chose pour les convertir, par affection pour eux, et surtout pour rac(piit de notre conscience.

Mais troj) souvent nous nous décourageons par les difficultés, <;t au moindre obstacle nous reculons et n'osons plus avancer par lâcheté ou par respect humain.

Alors ou trouve toutes sortes de prétextes. On ne veut pas tourmenter le malade, on redoute i'animadversion de ceux qui l'entourent; ou enfin on craint de compromettre le succès par trop d'empressement, par des tentatives indiscrètes ou importunes.

Et, en attendant, on ne l'ait plus rien on peu de chose, et le malade meurt dans son péché. '

Les amis du paralytique ne se rebutent pas si facilement. La foule les empêchait d'approcher ; ils passent par-dessus la foule, en descendant le malade par le

toit. Ainsi devrions-nous faire en bien des cas, on nous élevant au-dessus des prétentions et des préjugés du monde, et surtout du respect humain, pour amener les âmes à Jésus-Christ.

Mais on peut voir «encore dansée fait extraordinaire le symbole de ce qui arrive à certaines âmes, amenées à Jésus-Cbrist par des voies extraordinaires.

Par exemple, que des esprits engoués de la science humaine, qui les exalte et les empêche d'aller à Jésus- ' Christ, aient le bonheur de rencontrer une parole chrétienne qui les introduise dans le christianisme par la science, comme cela est arrivé à tant de philosophes des premiers siècles, et comme cela arrive encore de nos jours ; conduits alors par cette parole doublement savante de la science du monde et de celle de Dieu . ils sont ])ortés au médecin céleste, non phis par le clieniin ordinaire, obstrué par la ioule, mais par le haut de la maison découverte pour eux, c'està-dire par l'exposition des plus sublimes vérités, qui louchent leur âme en ravissant leur intelligence.

Puis, élevés par la science d'en haut, ils descendent par la foi aux pieds de Jésus-Christ, où leur guérison va s'accomplir,

Jésus remet les péchés au paralytique, à cause de la foi de ceux qui le lui apportent : Cum autem vidisset Jésus fidem illonmi.

Mais, à coup sûr, le malade participait à cette foi, bien qu'il ne l'exprime pas en paroles; car il se laisse porter par ses amis, se prête à tout ce qu'ils font pour lui, quoique cela dût le faire souffrir. 11 espère donc aussi en la puissance du Sauveur.

C'est ce qui arrive de nos jours h beaucoup d'hommes qui paraissent éloignés de Jésus-Christ et de son

m SIXIÈME SÉRIE.

Église, et qui au dedaùs en sont plus près qu'on ne le croit et quUls ne le savent eux-mêmes.

Il ne faudra que Toccasion et un secours chari-

table pour les y amener.

Ce qui ressort principalement de ce l'ait, c'est l'efticacité de la foi des autres pour procurer le salut d'une âme, même sans qu'elle paraisse s'en mêler; car co n'est pas la simple guérison d'une paralysie que cette loi obtient en ce moment, c'est la délivrance, c'est le salut d'un pécheur : Fi/i, dimittunturtibipeccata tua.

Cependant le malade n'était pas encore guéri dans son corps, et c*est la mauvaise volonté des scribes et des pharisiens qui lui attirer ce nouveau bienfait.

Ils disaient dans leur c(rur ce (jue les liommes du monde disent encore aujourd'hui de la confession : Comment un homme peut-il remettre les péchés? c'est un blasphème ou un mensonge.

Et Jésus répond aux uns comme aux autres : Ce n'est pas un homme qui remet les jiécliés, mais Celui qui a la puissance de faire marcher les boiteux et les paralytiques, Dieu seul, qui est le maître de la vie et de la mort.

Lève-toi et marche, dit-il nu paralvti(juo ; et, [)ar ce miracle sensible qui contirme le premier, il leur donne la preuve éclatante de sa divinité.

Ainsi un bienfait en amène un autre, dès que l'âme est remise en ra])port avec Dieu, comme elle roule d'abime en al)îme (juand elle en est séparée. L'heureux paralytique est guéri à la fois dans son âme et dans son corps, et c'est ce qui arrive encore aujourd'hui aux âmes qui reviennent franchement au Sauveur. Le corps participe à la santé rcn«> due à l'âme,

lES MIRAGI.ES DE JÉSUS-CIIHIST.

Vin

Uproti munêantuf (Luc. vit, 23).

f.c^ lépircus sont giicris.

Jésus a guéri beaucoup de lépreux dans les pays qu'il parcourait, et saint Marc et saint Luc racontent

on détail la gnôiisoii do dix lépi oiix à la fois, qui vinrent implorer sa pitié, et dont un seul, qui était un Samaritain, revint le remercier après sa guérison.

Récit du fait évangéliquc (Luc. xtu, 12).

Or, comme solon les saints Pères la terrible maladie de la lèpre était la iignre du péché, et (jue le péché ne peut être guéri que par laction surnaturelle de la grâce, transmise par les sacrements de l'Église, il suit qu3 la guérison miraculeuse des lépreux au sens moral, ou des péeheurs, s'opère encore aujourdMiui continuellement dans l'Église au nom de Jésus< Christ et par la vertu de sa parole.

C'est ce que nous allons considérer dans cette méditation.

Il y a entre les choses physiques et les choses morales des rapports qui ne sont pas des ressemblances, à cause de la diversité de la nature et des formes,

mais des analojunes, parce (pi elles sont régies les unes v[ les autres par I^îs nième?> lois,

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