‹ Idées et plans pour la méditation et pour la prédicationChapitre 4 sur 17 · U CO.NNAISSANCË DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

U CO.NNAISSANCË DE JÉSUS-CHRIST

que se trouve rcxplication et la fusion de tous les mystères de la nature et de la grâce.

Nous vouions donc aussi connaître Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié: et pour cela il faut l'étudier avec toutes les forces de notre intellif^ence, éclairée, soutenue, et a^j^randie par la lumière de la loi.

A cette lia nous allons le considérer, non pas eettû fois dans sa parole, qui est la doctrine de son Église, mais surtout dans ses œuvres, à savoir dans les vertus dont il nous a donné Texemple, et les miracles par lesquels il a prouvé sa mission.

Nous dirons aussi aux hommes de nos jours, qui ressemblent aux Juifs incrédules de ces temps : Si vous ne croyez pas k sa parole, croyez au moins à ses œuvres, qui n'ont point eu d'égales depuis le commencement du monde.

Comme préface à cette série de méditations, nous allons d'abord parler de la connaissance de Jésus- Christ en général,' afin de montrer qu'en ce qui concerne la direction et le perfectionnement de la vie humaine, elle est la seule voie sûre et vraiment efficace.

II. y a une science qui dépasse toutes les autres par sa profondeur et son importance, c'est celle de la

destination de l'homme et de la voie qui y mène.

«A (juoi te sert de connaître toutes les choses du monde, dit V Imitation ^ si tu t'ignores toi-même? »

Et l'Évangile avait déjà dit : « A quoi te servira de posséder le monde et toutes ses richesses, si tu perds ton àme. »

Or, si 1 on ne consulte que les sciences humaines,

dont la philosophie est la somme, bien qu'elle nous enseignent des vérités utiles, dont nous ne contestons point la valeur, cependant après les avoir étudiées à fond, on est obligé de reconnaître qu'elles nous laissent dans l'obscurité ou dans le doute sur les questions les plus graves, et dont la solution importe le plus à la direction de l'existence humaine.

Ainsi, de l'homme, elles nous apprennent toutes sortes de choses, excepté lui-même, à savoûr son origine, sa nature, sa loi et sa lin dernière.

La science de Jésus-Christ, maniicstée par sa parole et enseignée par son Église, nous apprend ces choses de la manière la plus simple et la plus certaine à la fois ; et celui qui adhère i la parole révélée, le petit enfant même qui répète son catéchisme, en sait plus là -dessus que tous les philosophes anciens et modernes.

Ainsi, du monde que nous habitons, de sa création, de la providence qui le gouTeme, et de sa destination spéciale dans l'univers et relativement an genre humain, les sciences naturelles, qui nous disent certainement mille choses intéressantes sur les règnes, les genres, les espèces et les variétés des existences qu'il contient, ne nous expliquent point Ténigiiic (le son passé ni de son avenir.

La doctrine chrétienne seule nous dit nettement d'où il vient et où il va, pourquoi il a été créé, comment il est gouverné, à quoi il sert et comment il

finira.

Enlin tous les clforts de la plus haute et de la meilleure philosophie livrée à ses propres lumières, ne peuvent arriver qu'à prouver l'existence de Dieu

U GOmiSSAKCE D£ JÉSDS-OIRIST.

d'une manière générale, quelques-uns de ses attributs et de ses rapports avec la créature.

La doctrine chrétienne nous révèle les profondeurs de sa nature, la ' constitution même de son Être, l'infinité de ses pcrroctions, le mystère de la création, les rapports de Tinlini au fini, et les desseins éternels de miséricorde et d amour qui ont réhabilité l'humanité déchue en rappelant à la participation de la vie divine.

Là, plus qu'ailleurs, la lumière de la science divine éclipse celle de la science humaine, ou plutôt, quand elle s y mêle par la foi, elle la transfigure et Télève au-dessus d'elle-même.

Nous avons donc raison d'affirmer que la connaissance (le Jésus-Christ donnée au monde par sa parole, est la voie unique qui mène sûrement l'iiomme à sa destination, et que dans toutes les voies de la philosophie humaine il y a en cette grave matière toujours de rincertitude et souvent de l'erreur.

La science des choses du temps et de Féternîté, que m\fs procure la connaissance de Jésus- Christ, a aussi une efficacité sans pareille pour nous aider dans la voie périlleuse et rude de la vie actuelle, Itar la force qu'elle nous donne et les consolations qu'elle nous procure.

l"" Sous ce rapport, quand on ne la considérerait qu*humainement, c'est une philosophie qui dépasse toutes les autres.

La science humaine lo plus souvent nous enOe ou

m CINQUIÈME SÉRIE.

nous amuse. Elle est un moyen de yanité, de cupî*

dité ou (le (liverlissement.

En général, elle est forte dans la spéculation et faible dans la pratique ; et nous ne voyons pas que les plus grands philosophes de l'antiquité ou des temps modernes, quelles qu*aicnt été la profondeur et la suijliinité de leurs idées, aient donné au monde l'exemple des plus hautes vertus.

Ou si quelques-uns se sont distingués par ce côté, on ne voit pas que leurs doctrines aient eu une grande iufluence sur les peuj>lcs pour les améliorer en masse et perfectionner le genre humain.

Le christianisme a fait tout le contraire. Sans affecter une forme savante, ni enseigner des systèmes, sa parole simple et profonde et universelle, parce qu'elle est la lumière du ciel, a agi sur les multitudes et transformé les peuples.

Il a créé une civilisation nouvelle par la morale qui découle de ses dogmes, et en enseignant la justice aux hommes, il leur a inspiré le désir de la pratiquer et la force de l'accomplir.

C'est que la science qu'il donne, qui a son principe dans la parole divine et qui est engendrée dans les âmes par la foi, outre la lumière qu'elle verse dans l'esprit, communi(pie encore à la volonté une force surnaturelle qu'on appelle la grâce.

Et cette force, qui vient au secours de la faiblesse de la volonté, la rend capable d'abord de combattre le mal en soi et hors de soi, puis d'accomplir le bien, malgré les obstacles et au milieu des dangers.

De là, le dévouement chrétien, dévouement à la loi quoi qu'il en coûte : ce qui fait la justice :

Dévouement à la gloire de Dieu, au triomphe de la

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