PHYSIQUE
Dans le corps vivant, tout est nécessaire ; et de même tous les éléments d'une société sont légitimes, il faut en tirer parti.
Le corps vivant est un monde où tous les éléments sont en travail les uns pour les autres. Et les parasites même.
L'être qui vit s'accroît et se développe. Se nourrir, c'est le trait commun et capital.
La graine, ou l'œuf, ou l'adulte, tout vivant se renouvelle par la nourriture et grandit. La croissance tend à
un état d'équilibre, qui n'est jamais atteint : il serait le repos. Dans la décroissance même, je vois une lutte pour maintenir l'équilibre. L'équilibre est idéal. La tumeur elle-même est de la nutrition.
Selon Claude Bernard, la destruction organique et la synthèse se balancent dans l'être vivant : elle forment un couple qu'on ne peut rompre. La vie est le courant.
La destruction et le renouvellement sont donc inséparables. En tout cas, la destruction est la condition nécessaire du renouvellement. Que cette idée est grande et profonde dans l'homme qui pense : elle vient de la plus lointaine Asie et je l'ai prise dans Heraclite.
La fonction use et détruit, en même temps qu'elle provoque la cause qui rénove l'action, dans .'intimité des tissus. Les pertes se réparent à mesure qu'elles se produisent, dit le savant ; et tel est l'équilibre.
L'être vivant assimile ce qu'il dévore : de sa nourriture, il fait de la matière semblable à lui. Il recouvre ainsi ce qu'il dépense. Rien ne manque à la chaîne : les anneaux se renouvellent, mais tous les anneaux y sont.