‹ Idées et visionsChapitre 57 sur 59 · ENCORE AU SOLEIL · texte numérisé non relu

ENCORE AU SOLEIL

Connaître, toiijoiirs connaître !

L'ineflable bonheur de la connaissance survit à toute joie. Celui qui croit tout comprendre, croit tout être. D s'enivre même de la mort et de n'être pas. Il faudrait que l'oubli fût total et qu'enfin parfaitement distrait de soi, on se fît tout amour en cette toute connaissance. Mourir en comprenant — pour ne mourir pas .

Celui qui est trop libre paraît un tyran et on le hait. Parce qu'il ne ménage rien, on le croit plein d'orgueil, et qu'il se ménage ; et parce qu'il est amer, on dit qu'il est méchant.

Non, l'homme n'est pas une fin pour l'homme.

Comme le ciel de mondes morts, l'homme est plein de vérités mortes.

Rien n'est de nous, ni la vertu, ni la beauté. Et c'est là la beauté.

Héros malgré soi, en tout ordre ; et le plus conti'e soi est le plus héros et le plus soi.

Malheur donc à qui doute de soi : il pense, il se pèse. Et il lâche la balance : à quoi bon ?

L'admiration est une raison de vivre. Elle donne un point d'appui en ce monde au levier de l'esprit.

Les solitaires ne se passent pas d'admiration. C'est leur monture. Et, au fond de la mine, la ténébreuse montagne tout entière est un chaton pour le solitaire de Golconde.

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