‹ Idées générales sur le choléra-morbus, son traitement préservatif et curatifChapitre 9 sur 16 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Ap rès le rapide et triste tableau que nous venons de tracer du choléra, nous allons parler de son diagnostic. De même que le diagnostic de toutes les maladies, il ne se déduit pas seulement de l’étude des symptômes ; sans doute leur considération importe beaucoup à son exactitude ; mais, avant tout , il est indispensable de vous faire observer qu’aucun de ces symptômes n’est assez constant et invariable pour qu’il puisse lui servir de base; nous dirons aussi qu’il çst également de la prudence et de la véritable philosophie médicale de ne jamais rien conclure sur une seule donnée , sur un simple symptôme. Nous verrons d’ailleurs le degré de confiance, de constance et de certitude de chacun d’eux. Il est donc nécessaire, pour bien déterminer une maladie, de tenir un compte exact de tout ce qui entre dans sa composition : telles sont ses causes, ses symptômes , sa marche , ses terminaisons , ses

traces cadavériques. Ce n’est, à la rigueur, qu’après toutes ces données, qu’on parvient à réunir un nombre suffisant de signes diagnostiques certains de la maladie qu’on a sous les yeux. Ainsi , ce n’est que d’après une étude particulière , une soigneuse analyse , qu’on peut se déterminer à prononcer sur sa nature et le traitement par lequel on doit l’attaquer. C’est par mie semblable méthode, d’après la considération des causes et des symptômes d’un étal morbide existant, qu’on pourra concevoir l’idée de la présence d’un choléra , que la marche ultérieure de la maladie , les traces cadavériques et les succès de traitement dans le cas d’heureuse terminaison rendront de plus en plus manifeste. Or, pour se faire une idée exacte de cette affection, on se rappellera les divers phénomènes morbides qu’elle présente. Dans un pays où cette épidémie ne s’est pas encore montrée, les uns ou les autres, considérés séparément, pourront bien faire soupçonner le choléra, mais jamais en établir l’existence , au lieu que s’ils concourent ensemble en nombre assez considérable, celte maladie devient presque aussi évidente qu’une démonstration.

Concluons donc qu’il est toujours ne'cessaire de s’environner de toutes les lumières possibles pour ne point s’exposer à ei'rer dans la de'terminaison de la nature du choléra. Sans doute, il est des praticiens doués d’une pénétration peu commune , à qui il suffit d’un ou de quelques traits pour reconnaître une maladie i mais comme le nombre en est très-limité, on ne saurait trop louer les efforts des nombreux observateurs qui s’évertuent à applanir les difficultés du diagnostic des maladies, et surtout de celles qui , comme le choléra , sont si communes et si redoutables. Pauvre France ! après le choléra , les émeutes. Tristes calamités ! il ne te manque plus que des Russes et des Bédouins ou autres gens de cette espèce !.

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