‹ Idées générales sur le droit de pétition dans les États modernesChapitre 3 sur 40 · Fustel de Coulanges. Cie antique, p. 269 et suivantes · texte numérisé non relu

Fustel de Coulanges. Cie antique, p. 269 et suivantes

AlTe.

commerce, industrie, on s’en remet aux mains du Sénat, gardien de la tradition. Même la faculté de choisir son culte, ce droit le plus précieux qui existe peutêtre, n’était pas reconnu chez les anciens. Les lois réglementent tout, même les mœurs; et l’homme qui, comme citoyen, à un pouvoir presque illimité, qui peut juger, condamner, dépouiller,se voit, comme individu, jugé et condamné selon le bon plaisir de la volonté générale.

Athènes seule est peut-être de toutes les cités antiques celle qui se rapproche le plus de nous (1), mais partout ailleurs, l’individu est noyé dans la nation et voit sa vie privée soumise à l’ingérence presque continuelle de l’État, C’est bien l’opinion de Benjamin Constant, lorsqu'il constate que dans l’antiquité » les hommes n'étaient que des machines dont Îa loi réglait les ressorts et dirigeait les rouages ».

Nous sommes loin de la conception moderne de la liberté. Ce que les Romains abandonnaient au Sénat, c’est pour nous l'essentiel. Ce que nous demandons avant toutes choses, ce sont les droits individuels. Faire que l’État soit assez puissant pour faire régner la justice et la paix, sans empiéter sur les droits de l'individu et sans les soumettre à des restrictions oppressives où à des limitations inutiles : c’est là tout le

problème politique qui se pose de nos jours.

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