CHAPITRE DIXIÈME
(i.'VLEKIE DU VATICAN
La Communion dk S.‘ Jëmùmk jMr le Dominiquin.
Le Dominiquin manquait de savoir faire, et n’eut de son vivant qu’une réputation trèssecondaire. Au milieu du l?.*"* siècle le Poussin établit à Rome, que cette capitale du monde chrétien avait trois chefe-d’œuvres :
La Transfiguration, la Communion de S.‘ Jérôme, et la Descente de Croix de Daniel de Vol terre.
Le S.' Jérôme triomphe par l’expression ; il est impossible de la porter plus loin. Prêt à
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mourir cet homme célèbre et si aimable, rassemble toutes les forces de son âme défaillante pour recevoir son Dieu. Sa tigure exprime avec tant d’énergie le profond sentiment de conviction qui en a fait un Saint, qu’il ne parait plus tenir à la terre que par de faibles liens. Son âme ardente s’élance déjà vers le ciel.
On pourrait desirer un peu plus de choix dans les formes des assistans, mais non pas plus d’expressions fet de naturel.
Le paysage est admirable ; il est à regretter que le ton roux de l’impression de la toile ait un peu repoussé.
Le brocard d’or qui forme le vêtement du Prêtre est parfait, mais les draperies des ûgures qui soutiennent le Saint sont très-faibles, et ne paraissent pas du même pinceau. On admire dans ce chef-d’œuvre l’ombre transparente qui sépare .si bien les deux groupes. Voyez la main droite du Saint et comparez-la aux mains des personnages de la Transfiguration. Quelle différence dans les deux systèmes !
(lALEIUE DU VATICAN.
La Vierge de Foligno (voir le Chap. III).
Le Couronnement de la Vierge.
La Madonne de Monte Luck (j’en ai parli^ à l’article Ouvrages de Raphaël existans à Rome , Chap. V).
S.' Romuald, d’André Saccki.
Tableau savant et d’une belle harmonie ; tous les personnages sont vêtus de blanc, et il a fallu une science profonde pour ne pas tomber dans le genre monotone.
C’est le chef-d’œuvre du maître homme médiocre.
Le Crucifiement de S.‘ Pierre par Guida Reni.
Ce tableau est de la manière forte du Guide; il rappelle ce beau Massacre des Innocents
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qui est à Hologne. l.es personnages du Guide ont un grand air de distinction, tandis que les Saints des Carraches par exemple, ont souvent l’air d’hommes de peine.
Le Guide, pressé par le besoin d’argent, a quelquefois peu terminé ses ouvrages. 11 jouait la nuit, et il lui est arrivé de faire pour s’acquitter jusqu'à trois tableaux en un jour. Il disait qu’il avait deux cents manières différentes de faire regarder le ciel, par une Madelaine ou par le Christ. Guide Reni bien différent de ses contemporains Ânnibal Carrache, le Dominiquin, etc., vivait avec magnificence, et ne fut point payé d’une façon ridicule. Annibal Carrache ne reçut que lOécus par mois (Si francs) pendant qu’il peignait la Galerie Farnèse. On lui fournissait la nourriture pour lui et pour un valet. (Voir la curieuse histoire de l’Ecole de Bologne du Comte Malvasia, intitulée La Felsina Pittrire. Le Comte injurie Raphaël, on .sent vivement à Rologne).
La Déposition dk Croix du Carramge.
Force de relief Incroyable, tableau peint avec une énergie qui a trouvé beaucoup d’admirateurs surtout dans ces derniers teras. Le Carravage sorte de scélérat méprisait profondément la prétendue noblesse des peintres ses contemporains: le Cavalier d’Àrpin et autres faibles imitateurs de Raphaël qui lui rendaient ses mépris. Son tableau de S.‘ Mathieu qui de la Galerie
Giustiniani a passé à Berlin fut refusé comme trop laid. 11 avait pris pour modèle de la figure de l’Apôtre S.' Mathieu le premier mendiant passant dans la rue. Non seulement il ne cherchait pas l’idéal comme le Guide, il ne cherchait pas même les belles figures pour les copier. Dans le tableau qui nous occupe, la jeune fille qui a les bras en l’air est horriblement laide; mais le Christ n’a pas cet air faible et timide que lui donnent le Pérugin et les peintres de Florence.
CALERIE DU VATICAN.
La Maoelaine, du Guerckin.
Tableau qui serait aussi célèbre que la Communion de S.' Jérôme, si les demi teintes ne s’étaient pas rapprochées de la couleur brique-foncée. Songez à ce qui se passe dans le cœur de la Madelaine, et que le peintre a sû rendre avec tant de vérité. Comprenez l’expression de la Sainte à la vue des doux qui ont servi au supplice du Sauveur, admirez la céleste beauté des Anges qui les lui présentent. Et ces Anges n’accusent point de ces âmes glacées que nous trouvons chez les Anges créés au 19.“ siècle. Ce tableau est plein d’amour.
Le Guerchin excellait dans l'expression de la tendresse; voir l’Agar à Milan, et l’Ecce- Homo du Palais Corsini.
La Résurrection de Notre Seigneur de Pierre Pénigin.
On dit que dans ce tableau, le Pérugin à peint Raphaël, c’est la figure du soldat endor-
ini; et Raphaël de son côté aurait fait le portrait de son maître, c’est le soldat eifrayé qui est dans le fond du tableau. Propos de Cicérone.
La plupart des soldats ont l’air triste et timide. On pourrait écrire dix pages sur chacun de ces tableaux du Vatican; mon but est seulement de les indiquer au voyageur.
La Makonne et les quatre Saints par le Pérugin.
Les têtes fort bien peintes expriment la tristesse et la crainte inspirée par la terrible pensée de l’enfer. L’expression si pure des Saints est très-remarquable, la Vierge et l’enfant Jésus laissent à désirer, mais le coloris si fort et si chaud de ce tableau, ainsi que le fini si bien entendu, en font sans contredit un des plus beaux <*t des plus parfaits ouvrages de ce maître.
On dirait que la lumière lancée par un soleil couchant passe à travers un nuage couleur d’orange.
Les accessoires accusent une timidité patiente. Comparez à la Madelaine allant le matin au tombeau de Jésus, et à S.' Thomas du Guerchin, tableaux remplis d’âme, d’un peintre qui le plus souvent n’est qu’un ouvrier; vous verrez que l’âme n’est pas inutile à un artiste, mais quelquefois elle donne des ridicules.
Belle Fresque détachée du mur de Melozzo de Forli.
Elle ornait l’ancienne Bibliothèque du Vatican.
Admirez la vérité des ombres, comparez les aux ombres des objets réels que votre œil rencontre dans cette salle. Les physionomies ont bien la férocité du tems.
Bibliothèquk du Vatican.
Il raut voir à la Bibliothèque du Vatican: