Les Noces Aldobrandines
Les Noces Aldobrandines, méritent toute l’attention du voyageur; c’est une gloire déchue; cette fresque antique était fort célèbre avant la découverte de Pompeïa. Depuis, les Noces Aldobrandines si vantées par Winkelmann Mengs etc. etc., ont été éclipsées par le Thésée recevant les actions de grâces des jeunes Athéniennes après la mort du Minautaure [Musée de
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Naplesj. À voir le grandiose de ces peintures antiques, que devaient être les ouvrages d’Âpelle, de Zeuxis, de Parrhasius? . . . N’est-il pas naturel de juger des tableaux des anciens par le degré de perfection de leurs statues et de leur architecture ?
Parmi les mille tableaux antiques réunis au Musée de Naples beaucoup sont mauvais, mais c’est un genre de médiocrité qui fait illusion, cela n’est pas le mauvais moderne, nous ne sommes pas accoutumés à hausser les épaules devant de telles choses. C’est le contraire do l’afféterie des keepsakes et des lithographies. Beaucoup de véritables artistes sont fous de ces tableaux trouvés à Pompeïa et à Hercnlanum, leur imagination enflammée leur prête toute la .beauté sublime des statues.
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Je conseillerais aux voyageurs qui vont voir les Galeries, de ne pas user leur yeux et leur attention sur le^ ouvrages de second ordre.
Au Capitole il faut regarder avant tout :
Ariane et Bacchus dans l’Ile de Naxos, tableau du Guide arrangé comme un bas relief, et où brille l’élégante froideur qui le caractérise.
S.‘ Sébastien du Dominiquin. Ce petit tableau fait plaisir aux yeux; toutefois, contre l’ordinaire du peintre Bolonais , la tête manque de profondeur et de résignation. Le Sueur eut sans doute mieux fait ; mais ni le Sueur ni aucun peintre français, n’eut pû faire ces yeux.
Rémus et Romulus avec la louve de Rubens. La fourrure de la louve est admirable.
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en revanche les enfans n’ont point l’air de héros futurs. N’est ce pas bien là le caractère de l’Ecole Flamande, perfection dans ce qui ne tient pas à l’âme?
Michel-Ange vêtu de damas noir , portrait ressemblant, et de plus, dit-on, fait par lui même ; il est permis de douter de cette dernière circonstance.
L’enlèvement d’Europe de Paul Véronèse, scène amusante et bien peinte; Europe est réprésentée en trois situations différentes ; on trouve ici toute 1a finesse de ton de ce grand maître, et la charmante physionomie vénitienne, sans rancune et sans tristesse. C’est absolument le contraire des têtes du Pérugin, et des premiers maîtres de Florence.
Le triomphe de Flore du Poussin, figure gracieuse de la Nymphe qui cœuille une fleur. Sibylle Persique du Guerchin, admirable, cependant les yeux sont rouges et les mains semblent appartenir à un crocheteur, l’expression de la tète et la couleur font oublier tous ces défauts. Sibylle du Dominiquin; remarquez les yeux.
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La S.“ Pétronille , tableau capital du Guerchin; proportions colossales, sujet admirable, et bien autrement touchant que la Transâguration ou la Communion de S.‘ Jérôme.
Un jeune homme habillé comme on l’était au 16.** siècle, revient de voyage pour épouser Pétronille qui l’aimait ; il arrive au moment où l’on enterre sa maltresse. La tête de la jeune Glle parait encore hors de la fosse. Brisé par la douleur le jeune homme, à droite du spectateur demande des détails à deux personnages, dont l’un porte un turban. Le premier plan est occupé par la belle tête de Pétronille : deux hommes descendent le corps au tombeau.
A gauche du spectateur, douleur des femmes qui ont accompagné l’enterrement. Le sujet serait trop affreux, si dans le ciel l’on ne voyait l’âme de la Sainte reçue par Jésus Christ. Admirable physionomie du Sauveur, que je préfère aux Sauveurs de Raphaël.
La force des clairs et des ombres, a produit un défaut : à distance cet immense tableau parait semé de taches blanches.