‹ Idées italiennes sur quelques tableaux célèbres, par A. ConstantinChapitre 46 sur 89 · PAUL VÉRONÈSE · texte numérisé non relu

PAUL VÉRONÈSE

soit pour leurs ciels, soit pour leurs draperies, ils y suppléaient par une première teinte presqu’à plat, qu’ils étendaient sous les parties du tableau destinées à devenir bleues etc. Pour qu’un ciel bleu soit léger, ail de la profondeur, il faut que le bleu soit appliqué sur une teinte chaude et tendant au rouge si l’action se passe à midi ou le soir ; et au nankin seulement si l’action se passe le matin. Ce qu’il y a de sûr c’est qu’une draperie ou tout autre objet exécuté de cette façon, dont on aurait enlevé une partie, ne peut être restaurée que par les mêmes moyens, il faut nécessairement ébaucher, et revenir comme a fait le grand maître; tout ce qu’on veut faire au premier coup (terme de l’art) est pesant, et fait tache, c’est ce dont chacun peut faire l’expérience. Et je prie de croire seulement à l’expérience.

Mais revenant à l’ébauche de Paul Véronése dont je me suis bien éloigné, voyez comme la femme qui est sur le premier plan s’enlève bien sur le groupe de S.‘ Jean, et pourtant ce groupe parait clair aussi. Tel est suivant ma conviction.

Page 1