‹ Identification anthropométriqueChapitre 27 sur 126 · I-NST. SIGN. IXTROD. f · texte numérisé non relu

I-NST. SIGN. IXTROD. f

LSXYin INTRODUGTIOX

intéressant à élucider pour apprécier l'efficacité de la nouvelle méthode.

La statistique officielle de la ville de Paris nous fournit également sur ce chapitre une réponse d'une exactitude indiscutable. L'administration préfectorale a, en effet, décidé, en même temps qu'elle adoptait le signalement anthropométrique, qu'une prime de dix francs serait allouée à tout agent de police ou gardien de prison de Paris qui signalerait à la direction une reconnaissance inanquée et que la somme en question serait prélevée sur les appointements des agents anthropomètres. Ces derniers sont donc pécuniairement intéressés à la bonne application du système, puisque toute négligence de leur part est passible d'une amende relativement assez forte.

Chaque lapsus, se transformant en une pièce comptable, est donc certainement enregistré. La dissimulation d'un 7T<ié devient admmistrativement impossible. Or, l'annuaire statistique de 1889 nous apprend que sur un ensemble de 00. 000 sujets examinés dans l'année, le nombre des omissions ne s'est élevé qu'au chiffre de quatre (i) ! — Online saurait désirer mieux.

La probabilité d'être reconnu une fois que l'on a été mesuré équivaut donc à la certitude, autant qu'il est possible d'approcher de cet idéal.

Les résultats obtenus à Lyon et à Marseille paraissent tout aussi satisfaisants, quoique non corroborés par des statistiques aussi complètes. On peut dire que partout où l'essai de notre méthode a été tenté sérieusement, le succès a couronné les efforts.

5. AVIS A MM. LES F0?^CTI01V]\AIRES QUI DÉSIREiNT FAIRE CONSULTER LES RÉPERTOIRES ANTHROPOMETRIQUES

La première des conditions à remplir pour que la recherche

(i) En 1890, nous retrouvons ce même chiffre de quatre, qui s'élève à six en 1891 pour tomber à zéro en 1892 .

Quand on remonte jusqu'aux causes premières de ces reconnaissances manquées, on découvre que ià encore ce n'est jamais le système qui est en faute, mais plutôt la faiblesse humaine qui a négligé, un lundi matin, par exemple, de parfaire les i-echerches insufBsantes de la veille, ou qui s'est trompée grossièrement en dictant ou en écrivant un chilTre, etc.

Du moment qu'il j a un manquement de commis, il est évident qu'il ne peut provenir que d'une des quatre causes suivantes : erreur dans le relevé ou dans la classification de l'ancien signalement, ou, au contraire, erreur dans le relevé ou la recherche du nouveau.

TRANSMISSION DES RENSEIGNEMENTS Lxxix

anthropométrique puisse amener la reconnaissance, c'est que le signalement transmis soit exact, c'est-à-dire, soit relevé en se conformant rigoureusement aux prescriptions du manuel, sans faute d'attention ni dans la lecture, ni dans la copie, etc.

Tout nouvel agent antliropomètre doit faire l'objet d'un contrôle préalable sous ce rapport.

Yoici les instructions que le procureur général de la Cour de Paris adressait à ce sujet aux magistrats du ressort dans une circulaire datée du 29 juin 1887 :

La circulaire ministérielle du a3 février 1887, en faisant remarquer l'usage immodéré que certains parquets font de la photographie pour arriver à la constatation de l'identité des inculpés, signalait un procédé d'identification plus sûr et moins coûteux employé à Paris, qui est celui de l'anthropométrie.

M. le Garde des sceaux me fait connaître que ce système vient d'être installé dans tous les chefs-lieux d'arrondissement.

Je vous prie en conséquence de vouloir bien vous mettre en relation avec l'autorité administrative pour étudier avec elle ce nouveau procédé, on vue d'économiser le plus possible les frais de photographies et de commissions rogatoires .

Une circulaire adressée par M. le Ministre de l'intérieur aux directeurs de prisons, le 7 mars 1887, en a prescrit la mise en praticjue au personnel de surveillance des prisons départementales, et chaque prison d'arrondissement a été récemment pourvue des instruments nécessaires pour le relevé du signalement anthropométrique .

La collection centrale établie au palais de justice à Paris, contient le signalement précis et l'indication des diverses longueurs osseuses des individus adultes; elle existe depuis 4 ans, et comprend environ 60,000 signalements, la plupart relevés à Paris même.

Il sera donc facile, toutes les fois qu'un individu paraîtra dissimuler son identité, de s'assurer s'il n'a point déjà subi de condamnations antérieures, en prescrivant immédiatement des recherches c[ui, d'après les expériences qui ont été faites jusqu'ici, semblent devoir donner les meilleurs résultats.

Je vous recommande la première fois que vous aurez recours aux signalements anthropométriques, de contrôler avec soin ceux qui vous seront fournis et de vous assurer s'ils ont été relevés exactement par les gardiens de prisons. Ce contrôle pourra être utilement fait, en ayant soin d'envoyer à la collection centrale, chaque fois que vous en trouverez l'occasion, les signalements anthropométriques de détenus ayant séjourné dans les prisons de la Seine ou de Lyon dans ces trois dernières années, et déclarant y avoir été déjà mesurés.

Les signalements de ces individus existant avec toute garantie d'exactitude à Paris vous permettront d'apprécier si le gardien-chef de votre arrondissement a procédé avec soin au relevé du signalement anthropométrique. En outre, l'administration pénitentiaire n'hésitera pas à mettre à profit ce moyen de contrôle, pour adresser à ses agents les instructions nécessaires afin d'arriver à une concordance absolue dans cette partie du service.

INTRODUCTION

Les diEBcultés qui se présenteront et les inexactitudes que vous pourrez conslalcr au début, ne devront pas vous détourner de cette méthode qui, depuis sa création, a rendu à Paris pour toutes les questions d'identité, des services incontestables .

Recevez, etc.

Celte circulaire insiste avec raison sur réconomie que l'emploi de l'anthropométrie permet de réaliser sur les frais de photographie. Pourtant, faisons remarquer qu'il sera encore nécessaire d'avoir recours au portrait photographique toutes les fois qu'il y aura lieu de supposer que l'individu à rechercher dans les répertoires a pu antérieurement être examiné à moins de vingt ans. Nous avons AU plus haut que le signalement anthropométrique n'acquérait un degré absolu de certitude que chez les sujets âgés de vingt à vingt-deux ans, et que la Préfecture de police faisait adjoindre la photographie au signalement de tous les mineurs qui traversent le Dépôt.

La conclusion qui en découle est qu'il est indispensable de communiquer la photographie des mineurs ou des sujets que l'on a lieu de supposer, à leur âge apparent, avoir pu être examinés au Dépôt durant cette période de leur vie. En reportant la date du fonctionnement définitif du système au commencement de l'année 1888 (date des arrêtés de MM. Bourgeois et Lépine), il est facile de s'assurer que tout sujet paraissant né après l'année 1868, c'est-à-dire pour l'année actuelle (1892), paraissant âgé de moins de vingtquatre ans, devra être, ou photographié, ou examiné en personne par un agent spécial du service central de Paris, si l'on tient à être absolument sûr du résultat.

Il ressort de la circulaire du Parquet de la Cour de Paris une autre et dernière conclusion, c'est que le parfait fonctionnement et le succès de la méthode anthropométrique dépendent en grande partie de l'utilisation que les Parquets de chaque arrondissement sauront en faire. Quand l'agent mensurateur d'une prison aura appris par expérience que ses signalements peuvent être de temps à autre inopinément l'objet d'une demande de vérification de la part du Parquet de l'arrondissement, le soin qu'il portera à son travail croîtra en proportion de l'intérêt que les autorités judiciaires et administratives y porteront elles-mêmes.

INTERNATIONALISATION

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