DU SIGNALEMENT AU MOYEN DES MARQUES PARTICULIÈRES
La rubrique : marques particulières a figuré de tous temps sur les formules des anciens signalements, mais on ne lui consacrait alors qu'une ligne presque toujours occupée par le mot néant.
Les nouvelles fiches signalétiques contiennent sous ce chef une trentaine de lignes dont 5 ou 6 au moins doivent toujours être remplies .
Tout le monde a, en effet, des marques particulières, et souvent à son insu ; j'entends par là des grains de beauté, des cicatrices de coupure aux doigts, des points cicatriciels de furoncle, etc. Mais le relevé de ces marques auxquelles on n'attachait précédemment que peu de valeur, ne devient réellement utile que lorsque la précision la plus rigoureuse a présidé à leur description et à la notation de leur emplacement.
L^déal à atteindre serait qu'une personne opérant dans un autre lieu fut mise à même, en lisant un relevé de ce genre, de reproduire sur son propre corps des dessins imitant exactement comme aspect général, forme, dimension et position les marques de l'individu signalé.
Ainsi c'est moins l'existence, la. présence réelle, constatée, de telle ou telle PARTICULARITÉ, qui caractérise l'individu, puisqu*on en peut retrouver autant sur chacun de nous, que sa localisation rigoureuse.
Il est facile de démontrer que la puissance signalétique d'une
MARQUE particulière CROIT AVEC LA PRÉCISION DE SA DESCRIPTION SUIVANT UNE PROGRESSION GÉOMÉTRIQUE.
Si nous croyons devoir répéter ici la démonstration de ce fait c'est qu'elle va nous offrir l'occasion de passer en revue, chemin fai- 9€uit, les quelques termes anatomiqucs avec lesquels il nous est indispensable de faire connaissance.
Imaginons un signalement anthropométrique portant à la rubrique marques particulières ces simples mots : une cicatrice sur poi-
LVlll INTROPUGTION
trine. Certes, voici un renseignement qui a déjà quelque valeur. Mais n'est«il pas facile de comprendre que sa puissance signalétiqua aurait été exactement doublée si l'on avait ajouté ce renseignement supplémentaire ; mr moitié gamhe (ou droite) de poitrine. Gomme il y a aillant de chances pour que la cicatrice en question se trouve à droite qu'à gauche, Tindication î sur poitrine moitié gauche a une valeur signalétique équivalente à celle de : deux cicatrices sur poitrine (sans désignation de côté).
Augmentons le nombre des déterminalifs. Si à : une cicatrice sur poitrine moitié gauche, nous ajoutons le qualificatif oblique (ou horizontale ou verticale) le caractère double encoi^ de valeur et équi- . vaut, en poursuivant le même raisonnement que précédemment, à celui libellé uniquement: quatre cicatrices sur poitrine.
De môme si nous ajoutons oblique interne (i), comme il y a tout autant de chances pour que la cicatrice en question soit oblique intern0 que oblique externe j, la valeur signalétique en est à nouveau doublée et la notation complète ; <)leatrloe obllqae interne anr pol-* trine canclie» a la môme importance au point de vue du signalement que la rubrique qui porterait ces seuls mots ; huit cicatrices sur poitrine.
A ces attributs ajoutons : à ... . centimètres du teton gauche, ou mieux : à . . . . centimètres sous teton gauche, et en précisant davantage : à... centimètres sous teton gauche et à,.,, centimètres de médiane.
Poursuivons Ténumération, en donnant encore la longueur de la cicatrice, sa/orma et s'il y a lieu, son origine (coup de couteau, abcès, brûlure, etc.), et nous arriverons à prouver, d'après les mémea principes, que la description complète, libellée conformément aux règles que nous indiquerons dans ce volume, possède la mémo valeur au point de vue du signalement qu'une formule de ce genre : on relève trente-deux ou môme soixante^quatre cicatrices sur la poitrine de cet individu.
Le manque d'habitude seul nous ompéche de saisir la valeur au point de vue do Tidontité d'un caraclèi^ comme celui-ci ; grain de beauté sur le dos, à 18 centimètres sous la V vertèbre ( vertèbre proéminente du cou), et <i iO centimètres à droite de la colonne ofr-
vers le milieu du corps. Toutes nos indications de sens et d*oklic|uité doivent toujours 4tvt interprétées «A forttédmnt defyint $n kmt.
SIGNALEMENT D^S MARQUKS PARTICULIÈRES î.ll
tibrale, taudis que la formule équivalente : soixante- quain cicairioes aur le dos^ noua laisserait convaincus qu^un nombre très restreint d'individus, dans l'univers entier, doivent présenter un caractère semblable.
Ce procédé de raisonnement présuppose que les différents attri-* buts d'une particularité h décrire sont indépendants les uns des autres et que la présence de telle ou telle marque ou cicatrice ne préjuge rien sur la coexistence des autres. En fait, il n'en est pas rigoureusement ainsi; l'exercice d'une profession, celle de cordonnier, par exemple, occasionnera chez tous les membres de cette corporation des marques correspondant, comme direction et localisation, au sons du coup de tranchet. Las mains des fondeurs, étaraeurs, elc,, offriront des cicatrices de brûlures approximativement semblables cbez tous comme aspect et emplacement. D^où la nécessité, au point de vue de l'identification, de varier le choix des signes à relever chex un même sujet.
Il est un autre genre de particularités encore plus sujet à caution que les cicatrices et marques d'origine professionnelle, nous voulons parler des tatouages.
C'est une erreur de croire que la mention d'un ou deux tatouages puisse suppléer à elle seule h tout un relevé cicatriciel ; ces indications sont d'autant plus traîtres en pratique. qu'elles paraissent plus probantes au premier abord. Quand un malfaiteur projette de déguiser sa personnalité, son premier soin est de suroharg[er ses anciens tatouages et de se couvrir, si possible, de ceux du camarade dont il usurpe l'état civil. C'est l'A, B, C du métier. Depuis quelques an-* nées enfin il n'est pas rare de rencontrer des cicatrices laissées par d'anciens tatouages plus ou moins bien effacés au moyen du procédé du docteur Yariot. La cicatrice peut être peu apparente, mais elle existe toi^ours.
Ces diverses manœuvres doivent être annihilées en mentionnant exactement sur la fiche, non seulement la signification du dessin, mais aussi sa dimension et son emplacement. En plus, quels que soient le nombre et la signification des tatouages relovés, ils no devront jamais empêcher de rechercher et de bien décrire les signes et cicatrices ordinaires qui ont une valeur signalétique tout aussi grande et qui ont sur les premiers Tavantage d'être beaucoup moins altérables.
Remarquons ioi que pour bien pi*éoiser la position d un signe particulier, un point de repère ne suffit pas, k moins que la marque