‹ Identification anthropométrique; instructions signalétiquesChapitre 26 sur 143 · LX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LX INTRODUCTION

à signaler ne soil sur le repère même. Ainsi le signe qui serait noté en ces termes : cicatrice à 8 centimètres du te ton droit, pourrait être situé sur l'un des points quelconques de la circonférence imaginaire décrite autour du teton avec un rayon de 8 centimètres. La formule ; d 8 centimètres dessus teton droit, est déjà plus exacte, le mot dessus éliminant plus de la moitié inférieure de la circonférence susdite. Mais le point n'est déterminé rigoureusement qu'à l'aide d'un deuxième repère : d 8 centimètres dessus teton droit et à 7 de médiane ; ou encore : d 8 centimètres dessus teton droit et à 13 sous fourche sternale.

Même observation pour la région du dos, du cou, etc. Néanmoins, en ce qui regarde les coupures des mains, des membres, et pour certaines cicatrices de la figure, l'indication d'un seul point de repère est généralement suffisante, surtout lorsqu'on peut y joindre les mots : dessus, sous, avant, arrière, etc. Il y a là une question d'appréciation laissée au discernement de l'observateur, qui devra prendre comme guide les nombreux exemples que nous aurons l'occasion de donner dans le cours de cet ouvrage.

En fait, trois ou quatre marques bien décrites et variées quant à leur origine et leur emplacement, suffiraient amplement pour mettre l'identification future d'un sujet hors de toute contestation, si le collationnement des particularités anciennement signalées avec celles offertes présentement pouvait partout et toujours être fait avec le sujet sous les yeux. Ce n'est là malheureusement que l'exception, toutes les recherches demandées à la collection centrale par les parquets de province devant forcément être assurées loin du sujet qui en fait l'objet.

La façon de faire qui consisterait à limiter de parti pris son choix aux trois ou quatre signes principaux exposerait à bien des mécomptes. Le nombre des marques allant toujours en augmentant depuis la naissance jusqu'à la mort, telle d'entre elles, qui, durant l'enfance, aurait légitimement passé pour importante, pourrait, avec ce système, être omise ultérieurement par suite de l'acquisition, la vie durant, d'autres particularités encore plus remarquables. Aussi est-il recommandé de s'efforcer de relever autant que possible leur totalité, dût le nombre strictement indispensable être de beaucoup dépassé. C'est le seul moyen de mettre hors de contestation l'identification avec un ancien signalement encore à trouver et que l'on aurait à collationner loin du sujet. <^

SIGXALEMKNT DES MARQUES PARTICULIÈRES Lïl

Et pourtant, pour certains sujets trop abondamment pourvus, la limitation du choix aux 12 ou aux 10 principales s'impose forcément en pratique. Ainsi quel que soit le soin apporté, jamais un relevé de ce genre n'arrive à être absolument complet. C'est même là un des moyens de défense les plus couramment invoques devant les tribunaux par des prévenus qui essayent de contester quelque condamnation antérieure subie sous un autre nom : telle cicatrice ou tel signe de naissance aurait, à les en croire, immanquablement figuré sur le premier signalement, s il se rapportait réellement à leur personne !

Les oublis de ce genre doivent généralement être attribués, soit au peu d'apparence extérieure de la marque, soit à sa situation peu en vue ou cachée par le pantalon (lequel ne doit pas être quitté d'ordinaire), soit enfin à la date de son origine manifestement récente, et, par conséquent, postérieure à celle de l'établissement du premier signalement.

Disons plus : l'omission d'une marque même bien apparente et de date ancienne ne saurait infirmer une identification dont la légitimité serait abondamment prouvée d'autre part par l'ensemble des autres marques particulières et la correspondance des signalements anthropométrique et descriptif.

Le cas inverse est plus grave et doit rendre plus circonspect : telle marque correctement décrite sur lancien signalement ne se trouve plus sur le sujet actuel. Si l'on peut admettre, à la rigueur, soit une confusion entre les mots droit et gauche, ou une erreur dans la transcription du libellé, ou l'assimilation d'un accident passager quelconque, dartre, écorchure fraîche , etc., donnant l'illusion d'une cicatrice permanente, on n'en saurait tolérer davantage ; k la deuxième et a fortiori k \a troisième marque non retrouvée, l'identité doit être déclarée impossible.

Conelasion : toutes les marques qui figurent sur un ancien signalement doivent pouvoir se retrouver sur le sujet, si ce signalement lui est réellement applicable; mais inversement il n'est pas nécessaire que toutes les marques du sujet présent figurent sans omission d'aucune sorte sur l'ancien relevé.

Le rôle important attribué au coUationnement des cicatrices dans toutes les questions d'identification fait ressortir l'intérêt

lîisT. siG:f. — i.NTnoD. e

LXlt ÎNTHODUCTIOX

pratique considérable qu'il y aurait, au point de vue de la rapidité de la constatation, à pouvoir les ordonner toujours de même. Les numéros d'ordre (chillres romains de I à VI de la fiche signalétique) y pourvoient, en séparant le relevé des signes particuliers en six chapitres distincts, correspondant chacun à une partie du corps examiné, savoir : le I au membre supérieur gauche ; le II au membre supérieur droit ; le III à la face et au devant du cou ; le IV à la poitrine ; le V au dos et le VI aux autres parties (bas du tronc et membres inférieurs).

L'emploi des numéros d'ordre, en établissant une séparation nette entre le relevé du membre supérieur droit et celui du membre supérieur gauche, prévient en même temps les confusions si préjudiciables et si aisées entre les deux faces latérales. Néanmoins, par surcroît de précautions, il est prescrit de terminer toute localisation de marque, faite sur l'un des membres, par la mention droit ou gauche qui corrobore ainsi les indications des numéros d'ordre I et IL

En règle générale, l'examinateur doit s'efforcer de procéder de haut en bas en ce qui regarde les membres supérieurs, bras et avant-bras en premier, main ensuite, et achever le relevé de la face antérieure de chacune de ces parties avant de s'occuper de la postérieure. Mais, quel que soit le soin apporté à l'observation de ces prescriptions, on sera constamment entraîné à intervertir l'ordre soit que telle marque se trouve à cheval sur une délimitation, ou qu'elle n'apparaisse aux yeux de l'observateur que tardivement, après son tour d'inscription.

La divergence des termes employés d'un examen à l'autre pour la description ou la localisation de la même marque peut occasionner parfois un léger embarras. Tel nœvus (vulgo grain de beauté), par exemple, situé approximativement au milieu du bras, sera localisé une fois : à iO centimètres sous articulation cubitale, et une autre fois : à 13 centimètres dessus poignet. Une cicatrice notée une première fois comme étant de direction oblique sera quelquefois qualifiée de verticale à un examen ultérieur. En résumé, ici, comme pour les deux autres sortes de signalement, le praticien devra se familiariser avec le degré de divergence dont chaque terme est susceptible.

Un chapitre spécial des Instructions est consacré à l'analyse des abréviations à employer pour Tinscription des marques particu-

SIGNALEMENT DES MARQUES PARTICULIÈRES LXiii

Hères. Les mots de la phrase cicatricielle étant en nombre restreint, et se succédant dans un ordre toujours le même, il devient possible de les représenter en écriture au moyen d'abréviations, réduites pour la plupart à l'initiale du mot, ou même au moyen de signes conventionnels. C'est ainsi, par exemple, que le mot cicatrice est représenté par les lettres cic, et le mot oblique par un simple b; c signiQe courbe, et la lettre r, recliligne; a se lit antérieur et p (le rho grec). postérieur; e, externe et i, interne ; f se lit phalange ; chaque doigt de la main est indiqué par son initiale en majuscule, etc.

Supposons une marque libellée ainsi : cicatrice rectiligne d'une dimension de i centimètre, oblique externe, sur le milieu de la deuxième phalange du médius gauche, face postérieure; elle se réduira en la ligne suivante :

cic, r. de 1 b e , ml, 2* f. M, g. o .

On comprend que l'usage journalier de ces signes sténographiques donne à l'écriture une rapidité égale et même supérieure à la parole. Les agents qui s'en servent vont même jusqu'à déclarer que la lecture en est plus rapide et l'interprétation plus facile que celle de récriture ordinaire. Un apprentissage de quelques jours suffit pour arriver au maximum de vitesse, ce qui s'explique aisément par ce fait que les mouvements réflexes entre la parole et l'écriture, si longs à établir que leur parachèvement nécessite plusieurs années d'école, sont conservés ici, grâce aux lettres initiales, au heu d'être détruits et remplacés par d'autres, comme dans les méthodes de sténographie ordinaire.

Ajoutons que, toutes les initiales employées étant, à quelques exceptions près, communes au latin et à l'anglais en même temps qu'au français, ces signes ont une valeur internationale en quelque sorte idéalogique.

Si maintenant nous nous attachons a l'ordre des mots dans une phrase type comme, par exemple : cicatrice rectiligne de 6 oblique interne à 9 dessus poignet gauche postérieur, nous remarquons que notre description progresse du particulier au général. Elle commence par énoncer le genre de la marque, avant d'en définir V aspect et les dimensions; puis, s'élevant à une vue plus étendue, elle embrasse la direction de sa forme par rapport à l'ensemble du corps pour finir par l'indication de son emplacement.

Les mots de la description suivent ainsi, en quelque sorte, les opérations de nos sens qui commencent par découvrir l'existence de

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