‹ Identité et réalitéChapitre 150 sur 274 · Ib.. I, p · texte numérisé non relu

Ib.. I, p

8. On peut voir chez Kopp, Geschichte, vol. II, p. 278 combien curieux était le mélange que présentaient ses opinions en cette matière.

9. Cf. DuHEX, Le mixte. Paris, p. 16, 17, 48, et Kopp, Geschichte.yoi. Il, p. 275.

10. Kopp, Alchemie, vol. H, p. 164. Geschichle, vol. H, p. 279-280.

de vue du moins la « révoiutioû chimique » dont ce dernier a été l'auteur trouvait les voies préparées. Sans doute, on n^avait pas entièrement perdu le souvenir des éléments (i'Aristote ni de ceux de Bêcher et, dans les manuels surtout, on en parlait encore quelquefois. Lavoisier, dans la préface au Traité élémentaire de chimie, montre, avec sa clarté habituelle, ce que ces anciennes conceptions ont d'inconsistant. « Cette tendance que nous avons à vouloir que tous les corps de la nature ne soient composés que de trois ou quatre éléments tient à un préjugé qui nous vient originairement des philosophes grecs. » L'élément chimique est au contraire une notion résultant de l'expérience. « Le dernier terme auquel parvient l'analyse, toutes les substances que nous n^avons encore pu décomposer par aucun moyen sont pour nous des éléments ^ » Mais on sent, par la brièveté de ses déclarations, qu'il n'a pas de controverse à craindre en cette matière. C'est qu'au fond ses contemporains les plus autorisés étaient làdessus d'accord avec lui-. Kopp constate que Lavoisier ne s'est jamais donné la peine de proclamer Tinanité des transmutations.

Depuis le triomphe définitif de la théorie de Lavoisier, rien, semble-t-il, n'est mieux garanti au point de vue empirique que l'existence des « éléments », cest-à-dire de corps différant les uns des autres au point de vue de leurs qualités fondamentales, corps qui nous apparaissent comme indestructibles, capables de s'unir entre eux pour former des combinaisons, mais incapables de se transformer les uns dans les autres. Helmholtz désigne le principe chimique dont nous parlons comme celui de « l'inaltérabilité des substances )y (Unveraenderlichkeitder Stoffe) ou de la « constance des éléments a et le considère comme fondamentale M. Armand Gautier constate de même qu'il est une des bases de notre chimie et lui attribue, très justement, la première place dans rénumération de ces notions fondamentales ^ M. Etard

Page 1