I. KoiM'. (lesclûchle^ vol. l.p. î»7t. Ib., p. 18i
3. Libavius cxprinu' la cruyanee générale eu arfirmanl que les métaux (listare videntur. non lam subslantia, quam accidentium absolutione w (KoiM», Alchemie,\o\.\, p. 46). — C'est cette croyance ù la facilitéde la transmutation qui a constitué plus tard lobstacle le plus sérieux aux progrès de la chimie analytique. Cf. Kopp, Geschichte, vol. III, p. 56. — Les difîèronccs entre les métaux paraissant tout à fait insignifiantes, on a supposé (pion pouvait les faire disparaître par une sorte de fermentation, ce qui a conduit i\ attribuer ù la pierre philosophale, considérée comme ferment, des propriétés qui nous paraissent si chimériques. De môme, on croyait que les métaux pouvaient se multiplier, que du cuivre teint on blanc par larsenic et ajouté à l'argent augmentait réellement la quantité de ce dernier métal (Koi'P. AlchemiCy vol. I, p. 166). ce qui était d'ailleurs conforme à la théorie de la mixtion d'Aristole.
4. Cf. Berthelot. Les ori(fii\e<i de Valchiinie, Paris lîJSo, p. )2S2.
LES PHLOGISHOIENS liOU
propriétés. Ainsi, eu ôtant successivemeut à TétaÎQ sou cri, sa mollesse, sa fusibilité qui le distiugueut de l'argent, ou le transformera eu ce dernier métaP auquel il est supposé être étroitement apparenté, sans doute à cause de la couleur commune. Pour d'autres métaux il faudra avant tout, afin de les muer en argent ou en or, modifier leur couleur. C'est la leucosis ou la xanthosiSy selon qu'il s'agit de blanchir ou de jau< uir, et toute opération chimique qui semble modifier la teinte d'uu métal prend aussitôt une grande importance aux yeux des chercheurs^ Le mercure, à cause sans doute de sa fluidité qui semble paradoxale, parait à certains un excellent point de départ pour des changements de propriétés. On parle de le « durcir » et Ton produit des recettes multiples dans ce but; Boyle croit qu'il peut se transformer, sans addition de métal, en une substance pareille à Targent^ et même Macquer, dans le Dictionmire de chimie de 1778, affirme le « durcissement » du mercure par des vapeurs de phosphore ou de l'huile de liu bouillante*. Quand ils veulent transmuer un métal ordinaire en métal noble, les alchimistes, dans leur langage imagé, parlent de le « revêtir du manteau royal. » Le phénomène de la précipitation du cuivre par le fer dans le vitriol bleu est considéré comme un fait de transmutation indubitable^ : ou dit que le métal « dépose l'armure de Mars et revêt la robe de Vénus. »
Dans le courant du xvu"" siècle, le prestige du péripatétisme, en tant que doctrine philosophique et scientifique, diminue peu à peu. Mais les théories de qualité qui sont nées de lui continuent à dominer la chimie, peut-être d'une manière plus absolue encore, précisément parce que débarrassées de lappareil purement logique de la doctrine d'Aristote. Puis, vers le milieu du xviu'' siècle, se produit le changement important dont nous avons parlé au VIP chapitre (p. ii4). La multiplicité mêmedesexpériencessurlatransmutationaamené la ruine de cette hypothèse. Et alors, comme on a appris peu à peu à
1. Cf. Berthelot. Les Origines de V Alchimie. Paris 1885, p. 208.
2. Encore Kunckel au xviii* siècle fondait sa croyance à la transmutai ion sur le changement de couleur que l'or éprouve quand on le traite par le sel ammoniaque ou le borax (Kopp, Alchimie, 1, p. 61 ss).