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3. Pappcs, éd. Hultscli, Berlin. 4870, livre VHI prop. 9 (vol. lU, p. 1055)

qu'une seule interprétation : Pappus ignorait que la force nécessaire pour déplacer un mobile sur un plan horizontal n'a aucun rapport avec celle qu'exige le déplacement du même mobile sur un plan incliné. Il croyait que si un mobile sur un plan horizontal est lancé avec une certnine vitesse, celle-ci diminuera d'elle-même avec le temps. Cette opinion est évidemment très conforme aux données de l'expérience immédiate : dans la nature on voit, en effet, le mouvement rectiligne se prolonger quelque temps en se ralentissant, pour cesser rapidement.

On a aussi voulu voir l'affirmation de l'inertie dans un passage des Moralia de Plutarque. Ce dernier y expose que « ce qui aide la lune à ne pas tomber (sur la terre), c'est sa marche même et la rapidité de sa révolution », et il ajoute : « Chaque corps, eu effet, suit son impulsion naturelle ù moins d'en être détourné par un autre... Voilà pourquoi la lune ne cède pas à l'entraînement de sa pesanteur, parce que cette pesanteur même est neutralisée par la rapidité de sa révolution *. » Il est certain que, pour un lecteur moderne, ces phrases semblent impliquer que l'auteur supposait une composition entre ua mouvement rectiligne imprimé à la lune et l'attraction exercée par la terre. En réalité, l'idée que la lune pût suivre à la fois ces deux mouvements lui était certainement étrangère. Ce qu'il a voulu dire, c'est que le mouvement naturellement circulaire de la lune, étant plus fort que l'attraction de la terre» empêchait cette attraction de se manifester. En eflet, pour illustrer son explication, il ajoute : <c... Ainsi les projectiles placés sur une fronde se trouvent retenus par le mouvement circulaire qui leur est imprimé » : c'est bien le mouvement circulaire lui-même, et non pas un mouvement rectiligne composé ensuite qui manifeste son influence.

Au sujet delà persistance du mouvement rectiligne, l'antiquité paraît avoir été partagée entre deux conceptions. L'une est celle d'Aristote, qui suppose qu'un corps ne peut être mû que par un autre qui le touche continuellement, comme s'il était par exemple « porté sur un char ». Dans les conditions ordinaires, ce phénomène se trouve voilé à nos yeux, parce que, en lançant un corps, nous imprimons en même temps

cap. X. — On trouvera un exposé délaillô de la théorie de Pappus chez M. DuHBii. Les origines delà statique, Paris, 1905, p. 189 ss.

i. Pnrr\RQOB. Du visage qui se voit dans le disque de la lune, cap. VI, §9. Cf. Appendice II, p. 415.

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un certain mouvementà Tair et que ce dernier continue à agir ensuite sur le corps lancé : c'est la « réaction environnante ». Mais, dans le vide, le phénomène ne se produirait pas^

L'autre théorie se rattache au nom d'Hipparque; nous la connaissons principalement par un passage du commentaire de Simplicius sur le Traité du ciel d'Aristote^. Le corps lancé reçoit une impulsion qui demeure en lui alors que le corps qui lui a imprimé le mouvement a cessé de le toucher. Le mouvement est rectiligne, mais non uniforme ; il diminue de lui-même à mesu re que le temps avance, pour s'éteindre fmalement. Nous dirioDs, en langue moderne, qu'une fois le corps lancé, une sorte d'accélération négative intervient pour l'arrêter; mais ce serait inexactement traduire la pensée des anciens : ils étaient fort éloignés de supposer que la vitesse pût se maintenir d'elle-même, et ce qui maintenait ce mouvement rectiligne et décroissant leur apparaissait sous les espèces d'une force, ot3va[ii<; ; Texpressiou est la même que chez Pappus^ qui parait également avoir été guidé par une théorie de ce genre. Elle se retrouve aussi chez Themistius^ autre commentateur d'Aristote, qui compare celte impulsion à la chaleur qu'on communique à un corps, ce qui est particulièrement important en ce sens que le concept du mouvement se rapproche ainsi de celui d'un état. Mais cet état était certainement conçu, ainsi qu'on le voit par le contexte, comme cessant de lui-même, de même que le corps chauffé revient peu à peu à sa température primitive. — Tliemistius ajoutait à ôuvxjjitç le qualificatif tv8o6eîffaet c'est là, semble-t-il, l'origine de Texpression ms impressa qui a joué un rôle considérable dans la genèse du principe d'inertie; nous verrous que la signification de ce terme chez les précurseurs de Galilée correspond en effet entièrement à la conception d'Hipparque.

On trouve, en outre, chez les auteurs anciens, des considérations qui, pour nous, se rattachent étroitement au principe d'inertie et qui, en effet, nous le verrous, ont joué un certain rôle dans sa genèse, mais dont ces auteurs ne tiraient certainement aucune des conséquences qu'elles nous semblent entraîner. Ces considérations sont de deux ordres. En premier lieu, les physiciens anciens connaissent bien la persistance du

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