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IDENTITÉ PHYSIOLOGIQUE

Les caractères tirés de la personne, indépendamment de toute influence ethnique, sont très précieux pour la détermination de l'individualité personnelle. L'expert pourra établir l'identité physiologique d’un individu d’après les caractères que l’âge et les différentes conditions biologiques ont imprimés à cet individu. Certaines rides imprimées par la main du temps, certaines modifications du système pileux, les changements de coloration de l'iris pendant la durée de la vie humaine, différentes anomalies congénitales, etc..., présentent, au point de vue physiologique, un intérêt considérable.

Sourcils.

Le médecin expert ne trouvera là que de rares particularités physiologiques qui puissent l’intéresser. Néanmoins l’âge, la conslitution, différentes conditions physiologiques, peuvent apporter certaines modifications à la région sourcilière.

a. Coloration des poils. — Les gens bruns, blonds, etc..., ont généralement les sourcils de la même nuance que les cheveux et la barbe. Mais co caractère est loin d’être constant, On ren-

contre souvent des individus chez lesquels les sourcils ne suivent pas toujours, dans les variations de couleur que les progrès de l’âge font subir aux cheveux et aux poils en général, une marche parallèle à ceux-ci, et peuvent rester relativement châtains, noits ou gris, alors que les cheveux ou la barbe sont déjà gris ou blancs.

Certains sujets jeunes peuvent présenter au milieu, ou à la queue des sourcils, une petite touffe de poils blancs qui tranchent nettement sur la couleur générale du reste des poils : c’est là un caractère important qui pourra être d’un grand secours pour le médecin expert. |

Il peut arriver parfois que certains individus, pour tromper la justice et échapper à ses recherches, se teignent ou se déc olorent la barbe, les cheveux, les sourcils et les cils.

Grâce aux expériences d'Orfila, nous savons aujourd'hui qu'il est possible de rendre la barbe, les cheveux, les cils, les sourcils noirs, quelle que soit d’ailleurs leur couleur naturelle; de même les cheveux noirs peuvent être rendus blonds, châtains ou blancs et reprendre ensuite leur couleur primitive.

b. Calvitie sourcilière. — Les poils peuvent manquer, et, à leur place, il n'existe plus qu’une ligne rougeâtre qui tranche avec la coloration du visage. Cette particularité s’observe surtout chez les sujets blonds et lymphatiques.

On pourrait simuler la calvitie sourcilière : il suffirait d’épiler ou de raser les sourcils, de colorer en rouge leur surface d’insertion ou d'irriter la peau à ce niveau avec des substances caustiques, de façon à faire affluer le sang dans la région sourcilière. Pour dévoiler cette manœuvre, l'expert mettra le simulateur en observation, de façon à lui enlever tous les moyens de tromper : au bout de peu de temps, les poils ne tarderont pas à repousser, et la rougeur disparaîtra en même temps. En cas de sourcils postiches ou de tatouages, le subterfuge sera facile également à

Erata: La

dévoiler : une inspection un peu minutieuse dans le premier cas, un lavage dans le second, suffiront pour confondre l’imposteur.

En ce qui concerne la calvitie, il devra se rappeler que certaines affections constitutionnelles, notamment la syphilis, peuvent donner lieu à la chute des poils, des sourcils : mais, dans ce dernier cas, la calvitie ne sera que temporaire.

Chez certaines personnes, l’espace intersourcilier peut être couvert de poils; les têtes des sourcils vont à la rencontre l’une de l’autre et s'entrecroisent à la racine du nez, ce qui imprime à la physionomie un caractère particulier de sévérité et de dureté capable de faire reconnaître un individu.

e. Nature, forme et mode d'insertion des poils. — Les sourcils varient de forme et d’aspect suivant les individus ; ils sont épais et hérissés chez les uns, fins et déliés chez d’autres ; tantôt ils sont rectilignes, horizontaux ou en accent circonflexe, tantôt ils forment une arcade à concavité inférieure.

Paupières.

L'aspect des paupières est susceptible de varier beaucoup suivant les individus. Chez certains vieillards à peau flasque et abondante, il n’est pas rare d'observer à la paupière supérieure un repli cutané tombant, à la façon d’un petit tablier, jusqu’au niveau du bord libre.

À partir de 40 à 50 ans, chez les personnes qui ont largement usé de la vie dans le travail, les veilles, les plaisirs, les paupières se plissent, s’étiolent, se couvrent de rides, et prennent un aspect particulier qui n’est plus celui de la jeunesse.

Enfin, au niveau de la commissure palpébrale externe, la main brutale du destin a imprimé uu cachet tout spécial ; il se forme là, à partir de 30 ans, des rides à disposition rayonnée, qui forment ce qu’on est convenu d'appeler vulgairement « patte d'oie ».

Les différentes anomalies congénitales des paupières présentent un vifintérèt, car, la plupart du temps, l’art est incapable d’imiter ces sortes d’infirmités. L’ablépharie et la cryptophtalmie sont rares.

Le colobome palpébral est plus fréquent : il est conslitué par un vice do développement embryonnaire et caractérisé par une solution de continuité, par une fissure verticale en V, à branches plus ou moins écartées et à base tournée du côté du bord libre de la paupière. Il siège habituellement à la paupière supérieure, en général vers la partie médiane. Il est simple ou double, uni ou bilatéral,

Il s’observe souvent concurremment avec d’autres vices de conformation de l'œil, els que colobome de l'iris, de la choroïde, absence de cristallin, cataracte congénitale, etc.

Le ptosis est la plus commune des anomalies de la paupière ; il est dû au défaut de développement du releveur ou à sa paralysie survenue chez le nouveau-né après un accouchement laborieux au forceps,

Nous citerons encore les paupières supplémentaires et l’épicanthus, repli semi-lunaire à concavité externe situé au grand angle de l'œil.

L'appareil lacrymal et la conjonctive ne présentent rien qui mérite d’être signalé.

Cornée.

Au point de vue physiologique, elle ne présente guère que le gérontoxon ou arc sénile. C’est une opacification cornéenne, spéciale aux vieillards, se présentant sous la forme d’un anneau blanchâtre situé à la périphérie de la cornée, débutant par le segment supérieur, pour gagner ensuile le segment inférieur et les parties latérales.

Bien que ce soit une altération de la vieillesse, on peut, dans

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