‹ Idoles de l'AmazoneChapitre 6 sur 7 · ANNALES DD MUSEE GU [MET · texte numérisé non relu

ANNALES DD MUSEE GU [MET

en est que ces trous le rendaient parfaitement semblable à celui de M. Barbosa Rodrigues et indiquaient que celui que j’avais eu la bonne fortune de découvrir était, comme le premier, un fétiche de pêche. Si la matière dont ils sont fabriqués est différente, ce qui ne signifie rien, les caractères artistiques sont les mêmes et il suffit de les examiner tous deux pour se persuader que, s ils ne sont pas sortis du même burin, ils sont toutefois issus — que 1 on me pardonne l’audace de l’expression — de la même école artistique.

Comme on devait s’y attendre le fétiche trouvé par M. Barbosa Rodrigues ne passa pas sans faire quelque bruit en Europe, et parmi les savants qui s’en occupèrent, le professeur Enrico Giglioli de Florence lui consacra quelques lignes dans Y Archivio per V Antropologia et V Etnologia.

Croyant comme M. Barbosa Rodrigues à son origine amazonienne voici comment le savant professeur s’exprime à ce sujet :

« 11 signor D' Rodrigues è altamente justificato nel credere che l’idolo da lui illustrato non fosse peruviano ; ho avato sott’ochio centinaia di idoli del Peru e non vidi mai nulla di simile fra essi. Ma debbo perô far notare la singular serniglianza che fussa fra l’idolo Amazonico e certa scolture rinvenuto nel Mexico, in Nicaragua e spccialmente sulla isola Zapatero e Pensacola che sono rozze figure urnane scolpite in pietra e sormontate da effigie di animali carnivori in atto di divorar lor la testa, precisamente corne fa il yaguar alla testitune (molto anthropoideo) nell’idolo braziliano. Ultimamente n’ello fogliare la stupenda opéra de Bancroft ( The natives Races of the Pacific States and North America) ritrovai al principio del quarto volume le figure di alcunedi quegli idoli degli antichi Nicaraguensi. Questo augmenta anzi che diminuiar l’importanza délia scoperta del signor Rodrigues, portanto assai piu all’Oriente de quanto si sapera la trasie di quelle civiltà che illuminarono le carte occidentali del Nuovo Mondo, dal Mexico al Chili. »

Comme on le voit, M. Giglioli ne met pas en doute, mais accepte au contraire, l’origine amazonienne de l’idole de M. Barbosa Rodrigues, tout en citant des exemples de types analogues rencontrés dans d’autres parties de

l’Amérique. Il croit toutefois, et peut-être avec raison, que l’artiste qui l’a sculpté descendait par hasard du même peuple qui a exécuté celles de l’île de Zapatero et du Nicaragua et serait venu se fixer sur les rives de l’Amazone. Ces rapprochements influèrent, je crois, sur la façon de penser de M. Barbosa Rodrigues, trop exclusif au commencement, comme nous l’avons vu, au sujet de la patrie originaire de son idole ; car il m’écrivit en me communiquant l’opinion de M. Giglioli :

« Plus tard, en effet, j’ai eu l’occasion de voir dans le même ouvrage, page 40, une idole de Zapatero représentant un jaguar « Yaurité » qui est placé dans la même posture que mon idole, quoique cependant il ne dévore aucun animal, et aux pages 49 et 50, deux autres idoles de l’île de Pensacola, dont l’une, qui représente un caïman dévorant un homme, a aussi la position de l’idole amazonienne, principalement quant aux bras et aux pieds. Cette similitude, ou même cette identité d’idées, entre deux peuples très distants l’un de l’autre parait justifier et prouver l’opinion que j’ai émise que la civilisation Amazonienne vint du Nord de l’Amérique et de l’Europe 1 . Les habitants des îles Pensacola et Zapatero, dans le Nicaragua, invoquaient le jaguar et le caïman pour vaincre l’homme, comme ceux de rAinazone pour s’emparer des tortues. — N’auraient-ils pas eu la même pensée?»

Je passe les dernières considérations de M. Barbosa Rodrigues, parce qu'il n’y a pas lieu de les discuter ici, et je reviens à l’intéressante étude des deux uniques fétiches, ou idoles de pierre, trouvés jusqu a ce jour au Brésil.

En premier lieu, je ferai remarquer que ni M. Barbosa Rodrigues, ni M. Giglioli ne disent si dans les pièces semblables à l’idole découverte par le premier, et que tous deux ont vus dans l’ouvrage de Bancroft, il existait deux trous comme ceux qu’on remarque dans l'idole deM. Barbosa Rodrigues et dans la mienne; je ne possède malheureusement pas cet ouvrage colossal, ainsi que le qualifie justement M. Giglioli, et je ne sais si je pourrais me le procurer ici, ce qui m’empêche de vérifier le fait. Toutefois, il me semble qu’un signe aussi caractéristique n’aurait pas échappé, sinon au professeur

1 Nuevo descubrimiento del grau rio de las AriiaiOncts, dans le (onie II, des ytemovias pm'a a historia do extincto Estado do Maranhào , par C. Mendes de Alineida, Rio de Janeiro, 1875.

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