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LANGAGE D'OISEAUX

Sous le bosquet touilu que la lumière éveille^ Tout un camp de bouvreuils, fauvettes et pinsons, Pillards, bavards, voleurs de grains, coureurs de treille, Du bec et du gosier s'escrimant à merveille, S'est abattu, lâchant d'insolentes chansons.

Vers eux, dans le gazon, d'une allure indécise, S'en vient le beau cousin, sa cousine à son bras; Au pied d'un vieux Bacchus dans sa bergère assise, Sur son rosaire usé penchant sa tête grise S'endort la bonne aïeule en marmottant tout bas.

66 IDYLLKS ET CHANSONS.

Et la bande étourdie avec de grands coups d'aile Jacasse à qui mieux mieux, flairant là des amours; On ricane, on se moque, on siffle, on les appelle : « Par ici, cher mignon; venez, ma toute belle! Chez nous on est discret, car on aime toujours. »

Ils y vont, enivrés de leur jeune sourire, A petits pas, glissant sous les lauriers discrets. Rouges, main dans la main, ne sachant plus que dire; Les orangers brûlants sucrent l'air qu'on respire, Les deux cœurs en battant se sont sentis bien près.

Comme des écoliers blottis dans leur cachette Etouffent dans leurs doigts des rires argentins. Chaque oisillon retient sa faconde indiscrète. Par tous les soupiraux de la feuille inquiète, Vite, mille espions ouvrent leurs yeux mutins :

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