LE POETE
Et dans la prison d'or cette troupe bizarre Siffle, gémit, croasse, et voltige et se pare
Dans un poudroîment radieux.
Pêle-mêle charmant, incroyables tapages, Plaintes, baisers, soupirs, cantiques, bavardages.
Bruits de la terre et voix des cieux !
Un rire aigu jaillit parmi des cris d'insulte;
Joie et pleurs, c'est la vie immense en son tumuke
Qui brille et qui parle dans tout, Depuis l'amour furtif, doux ramier des alcôves. Jusqu'aux ambitions, vautours muets et chauves.
Qui dans le sang dorment debout.
Pensif, le front aux mains, leur geôlier les écoute De l'oreille et des yeux il les compare, il doute :
Lequel prendra bientôt son cœur?
Lequel, au grand marché des foules ennuyées. Saura mieux attirer les âmes égayées
Par sa faconde et sa couleur }
IDYLLF.S ET CHANSONS.
Par degrés cependant cette musique étrange L'enivre et l'étourdit comme après la vendange
La chaude vapeur du pressoir.
Un sourire se fixe à sa lèvre légère : Il glisse et, nonchalant de sa vieille misère.
S'endort dans l'herbe jusqu'au soir.