‹ Idylles et chansonsChapitre 26 sur 55 · L'INCONSOLABLE · texte numérisé non relu

L'INCONSOLABLE

Aux antres profonds de la Crète Quand Zeus sur le sein inquiet De Néda, la nymphe discrète, Tout à coup pleurait et criait,

Les Curetés, les Corybantes, Afin d'étouffer ces sanglots, Heurtaient de leurs mains éclatantes Les boucliers aux javelots.

Et moi, quand j'entends dans mon âme Se réveiller mon triste amour, Je saisis ma lyre à mon tour, Ma lyre et son archet de flamme ;

Comme la ronde aux bonds sans frein.

Je m'agite, je tourne et danse.

Des pieds et des poings en cadence Frappant le sol, frappant l'airain.

De droite et de gauche, mes rimes Entre-choquent leur vol hardi; Je ris de mes folles escrimes.

Je tombe ivre, pâle, étourdi.

Mais dans la caverne sonore Grossit toujours le cri lointain; Il pleure, il pleure, il pleure encore L'enfant stupide au cœur divin!

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