‹ Idylles et chansonsChapitre 27 sur 55 · ODELETTE · texte numérisé non relu

ODELETTE

Le dos en sang, Taile pendante, Chaîne à la jambe, chaîne aux doigts, L'Amour sanglote au fond d'un bois.

A ses pieds la Dryade chante.

La Dryade rude au front d'or Qui, sans pitié, dans l'herbe assise.

Essuie aux branches d'un cytise Ses longs ciseaux, rouges encor,

Et sourit à voir, dans la cime Des platanes, s'éparpiller Comme une neige, et scintiller Le plumage de sa victime :

« Vraiment, voyez le beau malheur De n'aller plus, les soirs de lune.

Faire aboyer, courant fortune, Tous les dogues, comme un voleur !

« Par le Styx, ma bouche était lasse D'essuyer toujours sur ces yeux Les sales baisers qu'on ramasse Dans les carrefours ténébreux.

« Oui ! je te tiens, je t'emprisonne. Je te garrotte entre mes bras.

Je t'aime, enfant, ne pleure pas.

J'étais jalouse, et je pardonne.

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