ODELETTE
Le dos en sang, Taile pendante, Chaîne à la jambe, chaîne aux doigts, L'Amour sanglote au fond d'un bois.
A ses pieds la Dryade chante.
La Dryade rude au front d'or Qui, sans pitié, dans l'herbe assise.
Essuie aux branches d'un cytise Ses longs ciseaux, rouges encor,
Et sourit à voir, dans la cime Des platanes, s'éparpiller Comme une neige, et scintiller Le plumage de sa victime :
« Vraiment, voyez le beau malheur De n'aller plus, les soirs de lune.
Faire aboyer, courant fortune, Tous les dogues, comme un voleur !
« Par le Styx, ma bouche était lasse D'essuyer toujours sur ces yeux Les sales baisers qu'on ramasse Dans les carrefours ténébreux.
« Oui ! je te tiens, je t'emprisonne. Je te garrotte entre mes bras.
Je t'aime, enfant, ne pleure pas.
J'étais jalouse, et je pardonne.