‹ Idylles et chansonsChapitre 28 sur 55 · L'AMOUR BLESSE · texte numérisé non relu

L'AMOUR BLESSE

(( Le Temps qui meurtrit les humains N'effleure pas les Immortelles.

Viens. Les voluptés éternelles Dorment dans l'ombre de mes seins ! «

Et la Déesse, au clair sourire, Dressée à demi, l'œil mi-clos.

D'un bras moelleux comme les flots, Enveloppe l'enfant, l'attire.

Le prisonnier, lui, ne veut point, Mais, farouclie à sa meurtrière, Grince des dents, serre le poing.

Il tombe enfin, blanc de colère.

Les yeux retournés, roide et froid.

Sa maîtresse, surprise et pâle, Sur sa gorge en feu ne reçoit Qu'un mourant qui s'affaisse et râle

tf Adieu ! toile, vis dans les pleurs ! Je portais mon âme en mes ailes, Comme les libres hirondelles!

Tu m'as voulu captif : je meurs. »

Page 1