‹ Idylles et chansonsChapitre 29 sur 55 · COLLINES TOSCANES · texte numérisé non relu

COLLINES TOSCANES

A MARCELIN DESBOUTIN,

Depuis qu'aux belles mains des saisons alternées La terre, aux flancs profonds, sans compter les années, Abandonne et reprend son manteau de soleil. Quand le jeune printemps ranime les verveines, Combien d'hommes, combien sur ces pentes sereines Sont venus avant moi saluer ce réveil r*

ço IDYLLES ET CHANSONS.

Là-bas, combien ont vu, tels qu'on les voie encore, Comme un bouquet de lis qu'effeuille un vent d'aurore, Pleuvoir les pigeons blancs sur la brique des toits. Et, sur la vasque bleue où tremblent des coquilles. Pêle-mêle, grimper des enfants en guenilles. Avec un rire frais qui monte vers les bois?

Vieux oliviers, nourris de paix et de lumière, Avez-vous, dites-moi, d'une ombre fam.ilière Enveloppé Byn;n, courbé sous sa douleur, Et, dans cette âme alticre, et malgré soi charmée. Aux murmures discrets de la fine ramée. Rappelé ce qu'un autre eut nommé le bonheur?

A cet azur vibrant qui tuait sa prunelle,

Milton jeune, en passant, déroba l'étincelle

Dont s'alluma, plus tard, l'aurore de l'Eden;

Sous ces pommiers, déjà, l'entraînant, blanche et nue,

La curieuse Héva, de sa main ingénue.

Cueillait, en les nommant, tous les fruits du jardin.

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