LA CITERNE
Le matin limpide a blanchi les dalles. Du haut des faubourgs, vers l'immense puits, De loin, on entend traîner, à longs bruits, Un cliquetis sec d'agiles sandales.
Les bras nus, les yeux chargés de sommeil. Sous le tissu frais redressant leurs bustes. Sur le marbre usé les filles robustes S'attroupent en rond, buvant le soleil.
i6 IDYLLES ET CHANSONS.
Rires pccillancs, babils ec tapages, Comme une flambée éclatenc dans l'air, Tandis qu'à tâtons, dans leurs noirs voyages, Se choquent les seaux de cuivre et de fer.
Chaque seau remonte, heurte la margelle, L'eau vive a bondi sur les pavés durs... Un grand flot de joie à l'instant ruisselle Sur les cœurs lavés des rêves impurs.