‹ Idylles et chansonsChapitre 38 sur 55 · SUR LES ALPES · texte numérisé non relu

SUR LES ALPES

Le glacier ouvre son suaire.

Avant la nuit tu vas mourir, Chercheur misérable, 6 mon frère, Et je ne puis te secourir;

Mais, dans la hauteur froide et vide, Comme toi frêle et déjà las, Je poursuis mon rêve splendide, La terre aux éternels Ulas,

La terre aux musiques suaves Où s'embrassent dans la clarté La Beauté vivante, aux pas graves, Et l'immobile Vérité.

Sur la cime éclatante et dure, Combien sont morts, combien mourront!

Sans revoir la jeune verdure Peut-être mes yeux se cloront;

Et dans rhumanicé ha2;arde Que sa pente mène au galop, Si quelqu'un se tourne et regarde Où traîne cet humble sanglot.

Avant qu'il ait plaint ma misère, Son voisin, de peur morfondu.

Lui crîra : a Qu'y voulez-vous faire > Ce n'est qu'un poète perdu ! »

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