‹ Idylles et chansonsChapitre 41 sur 55 · FLEURS PARISIENNES · texte numérisé non relu

FLEURS PARISIENNES

Allaient faire éclater à l'instant, tout en fleur, Le printemps contenu qui leur gonfle le cœur !

Vous ne fleurirez pas ! En bas, chaude et malsaine, Sous les pieds des passants et des durs chariots. Roule et monte vers vous la poussière à longs flots Qui, dès son doux réveil, tuera la plante humaine Et salit les bourgeons avant qu'ils soient éclos ! Vous ne fleurirez pas ! car ces foules profondes, Ruisseaux bruyants gonflés par les désirs bourbeux, D'où jaillissent au loin tant d'écumes immondes, Empoisonnent la vie et l'amour autour d'eux. C'est leur joie en chemin d'arracher à la rive. Pour les rouler au fond de leur gouff're empesté, Et la chasteté blanche, et l'enfance craintive, Et l'arbuste odorant de la virginité!

Et cet infâme égout qui traîne leurs eaux sales, Vomitoire géant des sombres capitales, Vers l'oubli du vieux fleuve et l'éternelle mort.

ijo IDYLLES ET CHANSONS.

Dans cet encombrement d'inutiles scories

Dont le charge à grands coups le bras actif du Sort,

Cadavres épuisés, consciences pourries,

Victimes du génie et victimes d'amour,

Ne comptera jamais ce qu'il roule en un jour

De fleurs qui n'ont pu vivre et de femmes flétries !

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