DISPERSION
Comme le corps qui va revivre Dans l'eau courante et les blés verts.
L'âme aussi, que la mort délivre, Se mêle-t-elle à l'univers .-
Pour moi, c'est fait. Ma vagabonde, Mon âme, hélas ! depuis longtemps S'éparpille à travers le monde En mille atomes palpitants.
Combien de ses vives parcelles Tournent, o goélands plaintifs, Avec la neige de vos ailes, 'En Bretagne, au liane des récifs !
Dans les églises d'Italie, Combien de ses lambeaux épars Dorment sur la lèvre pâlie Des madones aux longs regards !
N'a-t-elle pas, cette pauvre âme, Comme tant d'autres, dans Paris, Vu s'éteindre sa jeune flamme
Sous la cendre des sots mépris t
Les poètes aux doux langages M'ont pris un peu d'elle souvent; J'en ai, sur les Alpes sauvages, Beauc(jup jeté dans le grand vcnr.