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LA RETRAITE

Dans mon cerveau bruyant, plein de tumulte, Babel étrange, où se heurte et s'insulte Le long troupeau des doutes douloureux Dort à l'écart, enfoui sous les roses, Hors du fracas, dans des grilles bien closes, Un coin de rêve où je puis être heureux.

172 IDYLLKS ET CHANSONS.

Comme un marchand assourdi par la ville,

Au jour tombant, d'un pas léger, enfile

La sente verte au détour des maisons.

Humant l'air libre, et sourit quand raccueillc.

Avec l'odeur fine du chèvrefeuille.

Un cri d'enfants roules dans les gazons;

Le soir, quand j'ai bien sué sous ma tâche. Le dos fouetté par la pauvreté lâche.

Dans ce jardin je m'enferme à trois tours. Seul je connais ton enceinte sacrée, ^'erte retraite à jamais vénérée.

Dernier débris de mes jeunes amours!

Celle qui m'ouvre est toujours pâle et douce: Sa robe chante en caressant la mousse.

Ses yeux sont las, elle a pleuré souvent; Et, sous l'éclair pensif d'un grand sourire, Je vois son front s'assombrir et reluire. Comme la mer qui tremble sous le vent.

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