ÉPILOGUE lOI
Combien de fois, dès le matin, Je vins, sur ces gazons, rêver à l'infidelle !
Combien de fois l'aube nouvelle
M'y retrouva le lendemain !
Si quelqu'haleine bienfaisante
M'apporte l'odeur des bosquets,
Je crois respirer les bouquets
Que je cueillais pour mon amante.
Au retour du Printemps, si dans l'ombre des bois
Les rossignols se font entendre Je pense aux douces nuits où j'écoutais leur voix, Quand l'amour, dans ces lieux me pressoit de me rendre.
Ainsi quand le navigateur
S'éloigne d'une île enchantée.
Son œil se tourne avec douleur
Vers la rive qu'il a quittée.
Ne réveillez plus mes regrets, Lieux charmans ! lieux témoins des jeux de mon bel âge ! Du bien qui m'est ravi ne m'offrez plus l'image !
Laissez, laissez mon cœur en paix !
Ah ! n'est-il pas temps d'être sage ?
Dans le vide affreux de mes jours, Viens flatter ma langueur, grave mélancolie ! Près de moi, s'il se peut, remplace la folie Et console mon cœur du départ des amours ! Tu fuis des indiscrets la foule turbulente Et les ris insensés et les frivoles jeux : Ce n'est que sur les bords d'une onde murmurante,