‹ Idylles et poèmes champetres. Choisis et précédés d'une introdChapitre 32 sur 33 · I02 EPILOGUE · texte numérisé non relu

I02 EPILOGUE

A l'ombre d'un bois ténébreux,

Que tu berces l'âme indolente

Dans un repos voluptueux.

O délicieuse tristesse,

Plus douce encor que la gaîté !

Ce monde fatigué d'une éternelle ivresse

Ignore ta félicité.

Je m'abandonne à toi, vénérable immortelle !

Ne permets qu'à la tourterelle De troubler, par sa voix, la paix de ces déserts !

Qu'elle attendrisse ma pensée,

Quand Phébé répand dans les airs

Le demi-jour de l'élisée !...

Mais quoi ! jusqu'en tes bras le regret me poursuit ! Je me rappelle encor des songes trop aimables. Et je porte mes yeux vers ce pays des fables

Dont l'enchantement est détruit !

Dieux ! laissez-moi du moins l'illusion champêtre I Laissez-moi mes bergers, mes fleurs et mes ruisseaux ! Mais le charme est fini ; j'ai perdu ces tableaux : J'ai vu de l'âge d'or l'image disparaître

Et je brise mes chalumeaux.

Aux champs comme aux cités l'homme est partout le même; Par-tout foible, inconstant, ou crédule, ou pervers, Esclave de son cœur, dupe de ce qu'il aime : Son bonheur que j'ai peint n'étoit que dans mes vers. Adieu donc pour jamais, campagnes mensongères ! Séjour peuplé d'amans, de nymphes, de bergères !

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