‹ Ignacio ZuloagaChapitre 10 sur 14 · LE VIEUX MARCHEUR DER ALTE SCHWERENÔTER THE OLD WOMEN'S-ADMIRER · texte numérisé non relu

LE VIEUX MARCHEUR DER ALTE SCHWERENÔTER THE OLD WOMEN'S-ADMIRER

vieilles maisons ruinées et armoriées, aux porches entrouverts d'où sortent, dans l'ombre mystérieuse, quelques fantômes non moins mystérieux de jeunes femmes en mantille, l'éventail à la main, en quête, sans doute, d'aventures d'amour, Mais l'être humain anime rarement cette nature morose, torride et figée. Tout au plus, distingue-t-on, aux pieds des remparts d'une de ces villes, un groupe énigmatique de cavaliers et de piétons, qui semblent se concerter, au milieu de cette solitude infernale, comme pour quelque diabolique machination, Partout c'est le désert, le silence, comme dans la torpeur morne d'un midi accablant qui aurait refoulé au fond de leurs bouges ou de leurs tanières toutes les créatures vivantes.

Ici, c'est une vieille, très vieille ville, avec tout son passé très lointain, ses remparts et ses églises, une ville où on n'a fait que prier et que se battre, où la guerre avait sans doute une férocité mystique et la religion un mysticisme cruel; une vieille ville lugubre, avec une porte noire sous sa voûte sombre, d'où part un chemin qui ne doit mener nulle part, une ville que balaye, dans un ciel bleu d'une intensité folle, un souffle ardent de sirocco. Cette vision dantesque s'appelle Burgos. — Croyons-en Zuloaga!

Et ce dernier paysage est-il moins sauvage dans son vide et dans sa tristesse? (C'est une église, une église assurément, car on distingue des contreforts et une tour octogonale qui paraît être un clocher, mais c'est une église sans jour et sans fenêtres, où le

silence seul doit remplir les ténèbres, Et c'est, à côté, un couvent,

sans doute, un couvent où ne doivent plus errer que des ombres de moines, que des fantômes qui sortent la nuit, (C'est vu avec l'exaltation du délire et ïil n'est pas jusqu'à l'exécution, très sommaire, à la toile rugueuse où la brosse brutale laisse des grumeaux de couleur, qui ne contribue à cette impression ardente

et farouche.

Si l'on pense à la date du premier tableau qui commença à mettre Zuloaga en évidence, à la date de ce portrait de lui-même qu'il exposait au Salon de 1898, on est stupéfait de la somme de travail accompli au cours de ces douze ou treize années. À quaranteet un ans, l'artiste a déjà produit ce qui eût pu remplir la carrière d'un : autre, Et ce qu'il y a de remarquable dans cette œuvre, c'est, malgré la diversité des sujets, des milieux où il a travaillé, malgré les variations inévitables de sa manière, c'est l'impression de forte unité qui s'en dégage, l'énergie avec laquelle est accusée sa personnalité. L'impression dernière et définitive qu'on garde de l'examen de cette œuvre, c'est que Zuloaga est avant tout ce qu'on appelle un peintre et que, en particulier, il est essentiellement un peintre espagnol.

Il est peintre dans toute l'acception du mot, Attentif et refléchi, malgré l'état d'exaltation continue de son imagination, il regarde, il contemple, il voit, mais tout droit, d'emblée et sans effort. Rien

n'échappe à son regard clairvoyant ni à son esprit perspicace. Il

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