‹ Ignacio ZuloagaChapitre 3 sur 14 · THE CUELLAR CASTLE · texte numérisé non relu

THE CUELLAR CASTLE

LASSITUDE MÜDIGKEIT WEARINESS

cependant, avaient distingué les qualités natives de cet inconnu à l'occasion de certaines expositions privées qui étaient organisées 47, rue Le Peletier, dans la boutique “d'un marchand de tableaux, Le Bare de Boutteville, décédé depuis longtemps. C'était là que se groupaient les jeunes indépendants, Néo-Impressionnistes et Symbolistes qui préparaient en programmes combatifs et en œuvres d'une belle saveur juvénile, où les audaces les plus subversives s'unissaient naturellement aux plus innocentes timidités, la révolution qui devait bouleverser le monde des arts, Zuloaga se trouvait là en bonne compagnie, avec Gauguin et Van Gogh, Signac, Toulouse-Lautrec et Wuillard, Emile Bernard et Maurice Denis, et peu après, Cottet auprès de qui il se sentira de plus étroites affinités. (C'était en 1890 ou 1891. Je ne me souviens plus au juste et le catalogue de cette première exposition ne porte pas de date, Il exposait un Mendiant et un Boulevard extérieur. Sa peinture était tout à fait dans le sentiment de ce milieu néo-impressionniste, c'est-à-dire en notations délicates et subtiles. On trouve encore dans les recoins de son atelier des études de cette époque qui témoignent de cette première orientation, inévitable d'ailleurs et nécessaire chez tout artiste bien doué, vers les méthodes de l'analyse: telle une étude de femme à mi-corps, de profil à gauche, vêtue d'un peignoir à fleurs, qui est encore dans cette dérivation de Degas, qui a fait le talent si sensible de Wuillard.

Mainte fois, on peut constater, d'une part, à cette époque d'in-

cubation, l'influence singulière et profonde de Puvis de Chavannes, qui l'impressionna très vivement à ses débuts, et qu'il se plut à imiter, dans une décoration qu'il exécuta pour son pays. D'autre part, une étude de tête de vieille femme, datée celle-ci expressément de 1887: tête sur fond gristrès transparent aux tons rosés et lilas du visage, d'une grande délicatesse fait penser Vélasquez, l'un de ses grands ancêtres nationaux, vers lesquels il se tournera plus tard si dévotement. C'est avec une copie du Gréco — qu'il goûta de fort bonne heure — ïl ne connut que plus tard la peinture de Goya, — le premier témoignage de son admiration pour ces maîtres, admiration qui ne fera que s'accentuer avec le temps. Sa religion, aujourd'hui, touche au fanatisme, et comme il a hérité de son père, je l'ai dit, la douce manie de collectionner, du jour où la fortune a commencé à lui sourire, il a drainé vers son église de Ségovie tous les Goya et les Gréco que son flair

de connaisseur lui permettait de dénicher.

C'est évidemment le contact avec ces maîtres du passé qui révéla à Zuloaga sa véritable voie, Espagnol dans l'âme, il a au plus haut point la compréhension du génie de la race et il en perçoit comme nul autre les caractères essentiellement distinctifs.

C'est peut-être parce qu'il s'est mis à distance, parce qu'il vit en France une partie de l'année et qu'il retourne chaque fois

chez lui avec des yeux tout neufs, des yeux toujours aussi amusés,

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