‹ Ignacio ZuloagaChapitre 6 sur 14 · PAULETTE LA DANSEUSE DIE TANZERIN PAULETTE PAULETTE THE DANCER · texte numérisé non relu

PAULETTE LA DANSEUSE DIE TANZERIN PAULETTE PAULETTE THE DANCER

Cliché Vizzavona

SEPULVEDA Cliché Vizzavona

ajustements de fête, près de ces gitanes sauvages aux dents blanches dans le teint de terre cuite ou de grès brûlé, aux narines ouvertes, aux yeux luisants de jeunes loups, dans cette atmosphère chaude et capiteuse, chargée d'odeurs de chair, de parfums violents et d'aromes de poudre de riz, un coin spécial a été réservé par Zuloaga à la femme nue. Le nu a attiré ce réaliste épris de la vie et par-dessus tout de la forme humaine, comme ïil avait attiré Velasquez et Goya. Le nu l'a pris par la fascination de cette matière vivante à nulle autre comparable et par l'harmonie onduleuse des formes corporelles, Il s'y est essayé maintes fois. Ici, à-demi, dans ces femmes de plaisir qui s'étirent dans leur Lassitude, le peignoir ouvert jusqu'au nombril, les seins remontés et le ventre tendu; là, dans cette figure debout devant un perchoir, au corps de chèvre, aux jambes minces, aux attaches d'une finesse exagérée, aux hanches incurvées avec cette cambrure qui est comme le signe distinctif de la race. Telle est encore cette étude de nu, acquise par la Galerie Nationale de Rome, étalant sur un fond de tenture de tonalité absinthe et sur un divan d'un jaune verdâtre, à-demi couvert d'un châle noir bariolé, le rose des chairs qui prend une intensité étrange au milieu de ces accords exaspérants, (C'est un morceau particulièrement instructif par sa technique, rapide, nerveuse et sensible. Le modelé charmant de ce jeune corps, aux lignes sinueuses, très espagnol, est, en effet,

enlevé presque tout en lumière avec un moelleux et une sveltesse

de pinceau, mais sans manière, Sue un uote noir qui transparait : dans les parties ombrées légèrement effleurées par le travail. ;

Cet ensemble flatteur a, naturellement, sa contrepartie. Comment en serait-il autrement en Espagne? N'est-elle dau. la & terre paradoxale dés contrastes et des contradictions? Côte à côte de la grâce, du charme, de la séduction, de tout ce qui s'appelle 2 la Beauté, on Hpaauies la laideür, la hideur, la monstruosité . | l'excentricité, tous ces aspects qui relèvent, eux aussi, de l'esthétique et dont l'intérêt se résume en ‘ce. mot: le ;Caractère“, Les races septentrionales n'offrent pas ces oppositions marquées avec a de violence et d'étrangeté. En DSL PAS la nature s'est plu à des créations extravagantes qui semblent le produit d'une imagination en délire. L'esprit du peuple, conforme aux lois du milieu, y a pris goût et, nulle part, on n'a vu plus de ces excentricités et de ces difiormités accueillies et traduites avec autant de satisfaction par la peinture. Le génie de Cervantès n'a rien inventé qui soit au-dessus de la vérité en nous offrant, l'un des premiers le contraste inoubliable de la longue silhouette mélancolique du Chevalier de la Triste Figure, avec la joviale rondeur de son prosaïque écuyer.

Alors pourquoi ses compatriotes ou, du moins, la coterie académique qui régnait lors de ses débuts, a-t-elle fait à Zuloaga le reproche qu'il affectait de peindre non pas l'Espagne, mais la

caricature de l'Espagne? Pourquoi ce reproche n'a-t-il pas

Cliché Vizzavona ESPAGNOLES A LA COURSE DE TAUREAUX SPANISH LADIES AT THE BULL-FIGHT SPANIERINNEN BEIM STIERKAMPF

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