‹ Il faut choisirChapitre 22 sur 46 · LE MIRACLK PROPREMENT DIT · texte numérisé non relu

LE MIRACLK PROPREMENT DIT

déislps, maintenons-nous sur le rocher de la vérité et ne mettons pas le pied dans les marais sans fond où s'est égarée la théologie. Elle a fait des révélations divines un ensemble de préceptes et de dogmes dont les miracles devaient prouver l'origine surnaturelle. Mais, ont objecté les déistes, la vérité d'une doctrine doit se faire sentir et s'imposer immédiatement à l'esprit par sa propre évidence, que rien ne peut suppléer ni augmenter; mais, ajoulent-ils. les miracles dont on nous parie, sont des supercheries inventées par des prêtres initiés aux mystères des forces physiques ; mais il y a dans la nature humaine des forces inconnues qui expliquent les miracles et excluent loute intervention divine; mais les témoins des miracles étaient des ignorants qui ont mal vu ; mais les récits de ces témoins ne nous sont parvenus que dénaturés parla tradition et métamorphosés en mythes ; mais la Bible parle de presligps qui ont le diable pour auteur et qu'on ne saurait distinguer des mir*^cies divins; mais l'histoire de tous les peuples est pleine de prodiges et de fables pareils à ceux de l'Ancienet du Nouveau Testament.

La plupart de ces objections trouvera sa réponse dans notre prochain entretien. Ce ^oir je me bornerai à dire que la révélation est, non pas un code, mais une œuvre, et le miracle, non le sceau divin du code, mais l'essence même de l'œuvre. Il est un des facteurs de la multiplication, et non hi preuve de l'exactitude

du calcul. Dans le temple de Dieu il est non les contreforts extérieurs des murs, mais les colonnes de la nef.

En effet les révélations de Dieu ont pour but la rédemption de l'humanité par la destruction des œuvres du Diable, et cette restauration s'opère non-seulemenl par les paroles de vérité inspirées aux prophètes, mais par des paroles de puissance (pag. 91) que Dieu prononce lui-même ou fait prononcer par d'autres que lui. Les miracles de Jéhova en Egypte, au désert, au Jourdain, en Judée sous les juges et les rois, sont de brillants exploits selon l'expression favorite des psalmistes '. L'Eternel est un héros qui lutte pour ainsi dire corps à corps avec son ennemi. Il agît « à main forte et à bras étendu^, » selon une métaphore qui est un des hiéroglyphes de l'écriture égyptienne.

La rédemption est même une série d'actes de création ; car toute intervention de Dieu dans le drame de l'histoire fait sortir du néant un fait, un personnage, un ordre de choses nouveaux. Ainsi, dans le langage biblique, Dieu « crée, » quand il fait d'Israël son peuple Elu '' : quand il marche devant les Hébreux dans une colonne de feu* ; quand il engloutit Goré et sa bande, tout vivants, dans le sein de la terre qui s'entr'ouvre^ ; quand il donne un cœur pur à David criminel et repentant «; quand il fait naître d'une

' 1 Sam. VII, 6, et les parallèles dans la Concoi'dancc de M. Mackenzie. - * Deut. IV. 34 , et les parallèles. — ' Es. XLIlï, 1 el 15.— * Ks. IV,5; Kx. \1! 21.- ^ Nomb. XVI, :^0.- " I>s.lJ,12.

Page 1