LE MIRACLE PROPREMENT DIT. 1 7J
paroles d'Amos': « l'Eternel ne fait rien sans avoir découvert son secret à ses serviteur» les prophètes. » Les miracles, surtout ceux de PAncien Teslameni, passent par des transitions Insensibles, de simples faits providentiels aux actes surnaturels où les lois physiques sont notoirement violées. Ce sont d'abord des événements, plus ou moins étranges, que les écrivains sacrés selon leurs habitudes de langage rapportent immédiatement à Dieu, mais que nous aurions expliqués sans peiije par des causes ordinaires : telles les batailles où les Madianites sous Gédéon^ les Philistins sous SaiiP, les Moabites et les Iduméens sous Josaphat* tournent leurs épées les uns contre les autres; la détaile, au temps de Samuel, des Philistins qu'épouvante un effroyable orage', et, sous Josué, celle des Cananéens qui dans leur fuite périrent en foule sous les pierres qui tombaient sur eux de quelque prodigieux aérolilhe^ Supprimez les révélations faites à Noé, et les anges sauvant Lot, brisez le lien moral qui unit le châtiment à la corruption des hommes, et le déluge n'est plus que la dernière des révolutions géologiques générales, la destruction de Sodome qu'une catastrophe locale semblable à nombre d'autres. De même les plaies qui ont atteint la maison de Pharaon et
* m, 7. Comp. Esa. XLl, 26 et tout particulièrement Jean XIII, 19; XIV, 29; XYI, 4. — « Jos. VU, 22. — ' 1 Sam. XI V, 15-20.— * 2 Chron. XX. 22. - M Sam. VII. 10. — - Jos. X, 10, 11.
174 i.E SURNATUREL.
celle d'Abimélec à cause de Sara ', les Hébreux au désert', les Philistins sous Samuel % tout Israël sous David*, irétaienl probablement point des maladies iriconnues que Dieu aurait créées pour ces diverses circonstances. La guérison de l'ulcère d'Ezéchias n'aura élé pour la plupart des gens de sa cour qu'une crise heureuse se produisant à l'improviste dans une maladie mortelle.
D'autres miracles ne peuvent être qu'une coïncidence povidentielle (pag. 165) entre un phénomène extraordinaire de la nature et un moment critique et solennel de l'histoire sacrée. Ainsi, le soleil et la lune s'arrêtant sur Gabaon et Ajalon à la parole de Josué.
Puis viennent les miracles où Dieu fait usage des causes secondes ordinaires, mais en les modifiant par sa libre volonté et par sa puissance souveraine. Ainsi les dix plaies d'Egypte, qui n'ont la plupart de surnaturel que leur intensité, leur rapide succession et les paroles de Moïse qui les prophétisait ; ainsi les deux vols prodigieux de cailles s'abatlant au désert sur le camp des Hébreiix ; un phénomène volcanique rend compte de l'engloutissement de Coré ; un tremblement de terre, de la chute des murs de Jéricho.
Enfin, il est des cas où Dieu, par un acte de son bon plaisir, dédaigne l'usage des causes secondes et
' Gen. XII, 17; XX, 18. — « Nomb. XI, 1 ; XVI, 46; XXX, 9. — ' 1 Sam. V. — *2Sam. XXIV, 15.