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NÉGATION DU PRINCIPE VITAL

donc que tous les phénomènes organiques s'expliquent par les forces chimiques et physiques, que la circulation de la sève , celle du sang , l'action des muscles sont de simples procédés mécaniques, que tout animal n'est pas autre chose qu'un laboratoire de chimie où s'opèrent la respiration, la digestion, la sécrétion, et qu'il n'y a donc aucune différence essentielle entre la nature morte et la nature vivante. Ils citent en preuve les substances organiques que la chimie a tout récemment réussi à produire.

Mais ce qui constitue la vie, c'est l'unité centrale de l'être vivant, ou la loi des corrélations organiques ; c'est la croissance, le déclin et la mort : c'est la reproduction, ou le type de l'espèce se maintenant identique à travers toutes les générations. Or, jamais la chimie n'a créé un organe, une feuille, un muscle, un grain de blé, un œuf de poule.

Que dirons-nous donc et comment expliqueronsnous ce que les êtres organiques ont de commun avec les corps bruts ? Ici, comme partout ailleurs, Dieu a prouvé son infinie sagesse en produisant avec les moyens les plus simples les effets les plus variés. Voulant créer les plantes et les animaux, il n'a point tiré du néant des corps élémentaires nouveaux, et a fait usage des substances déjà existantes ainsi que de leurs forces physiques et chimiques. Mais il a créé une force supérieure, la vie, qui s'est assujettie et les forces inférieures et les corps simples de la nature morte, et qui les régit, les modifie, les assou-

plit, les soumet aux vicissitudes du temps ei aux types infiniment divers des espèces. L'éminenl chimiste Dumas déclare que le sentiment de l'essence mystérieuse et divine de la vie se purifie et s'agrandit par de fortes études sur la chimie des corps organisés.

De la vie élevons-nous à l'àme.

« L'âme, dit Vogt, n'est point un principe immatériel, distinct du corps, mais un nom collectif pour diverses fonctions qui sont exclusivement celles du système nerveux et, chez les animaux supérieurs, du système nerveux central, le cerveau. Si l'organe périt, la fonction cesse; avec le corps qui meurt, finit l'âme d'une fin complète. Ainsi l'homme n'est qu'une machine comme l'animal, sa pensée n'est que le résultat d'une organisation déterminée et la libre volonté est ainsi supprimée. Il n'y a ni liberté, ni responsabilité, ni imputabilité, comme la morale et la justice criminelle et Dieu sait quoi encore veulent nous l'imposer. Nous ne sommes jamais maîtres de nous-mêmes, de notre raison , de nos forces spirituelles ; nous le sommes aussi peu que de la sécrétion de nos reins. L'organisme ne se peut posséder soi-même; il est régi par la loi de sa composition matérielle. Ce que nous pensons à tel instant, est le résultat d'une disposition instantanée, de la composition de notre cerveau à cet instant même ; compo-

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sition, disposition qui change à chaque instant, grâce à la grande circulation du sang qui règne dans l'organe.

» La pensée est une sécrétion du cerveau comme la bile est celle du foie et l'urine celle des reins. » (Vogt, Cabanis.) — « Le cerveau sécrète non des substances, mais des forces. >• (Buchner.) — La pensée est « un mouvement , un déplacement de la matière cérébrale. )' (MoLEscHOTT.) — «un mouvement de la matière produit par les courants électriques qu'il y a dans tous les nerfs. » (DuBois-Reymond.) — « Il y a le même rapport entre la pensée et les vibrations électriques des filaments du cerveau qu'entre la couleur et les vibrations de réther. » (Huschke.) — Tous les phénomènes de la sensibilité, de l'instinct, de l'intelligence sont des « excitations, des condensations de la matière cérébrale. » (Broussais.)

» Sans graisse pas de chair ; sans chair pas de cerveau ni d'esprit ; sans phosphore dans le cerveau pas de pensée ; c'est le phosphore qui proprement pense en nous. » (Feuerbach.) — « Une idée est une combinaison analogue à l'acide formique ; la pensée ^dépend du phosphore contenu dans la puissance cérébrale; la verlu, le dévouement et le courage sont des courants d'électricité organique. » etc. (Revue médicale.)

« L'esprit n'est autre chose qu'une force de la matière résultant immédiatement de l'activité nerveuse. » (Scheffer. ) — « La pensée, c'est un ensemble

complexe de forces hétérogènes formant une unité. »

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