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LE PLAN DE LA DISCUSSION

mutuellement et forment à nos regards un admirable ensemble de vérités insondables. C'est rHimalaya de la théologie. On gravit de vallées en vallées jusque sur des plateaux éthérés qui n'ont plus de limites ; on côtoie des précipices dont nul œil humain ne sonde la profondeur; on passe au pied de cimes qui nous dérobent leurs formes en se perdant dans des hauteurs inaccessibles à nos regards. Ce sont les profondeurs illimitées des cieux où Herscbel, par son immense télescope, nous a révélé un monde plein de surprises et de prodiges dont on soupçonnait à peine avant lui l'existence. Ainsi Jésus-Christ nous a permis de jeter un regard dans les secrets les plus intimes de la Divinité et ouvert des perspectives d'une portée infinie. Mais la discussion des mystères part d'autres principes que celle du surnaturel et ne suit pas la même chaîne d'idées. Nous sommes ainsi contraint de l'écarter.

Les déistes acceptent une création ; mais ils nient le surnaturel de la providence divine et de l'histoire sacrée. Ils ne se bornent pas à déclarer inauthenliques et légendaires tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament qui contiennent des récits d'événements prodigieux; mais ils affirment que les théophanies, les miracles, les prophéties, même les simples exaucements de prières sont impossibles parce qu'on ne saurait les concilier avec l'immutabilité de Dieu et la fixité des lois de la nature. Nous, au contraire, nous descendons sur le champ de bataille.

non pour excuser notre Dieu des actes d'intervention (ju'il avait cru pouvoir se permettre sans trop scandaliser les grands philosophes, mais pour soutenir la nécessité du surnaturel. Par là nous entendons la nécessité morale d'un être libre qui est la perfection, la sainteté même, et qui ne l'est qu'à la condition d'agir partout et toujours en conformité avec son intime nature.

Pour établir celte nécessité du surnaturel, nous devrons, il va sans dire, profiter de toutes les lumières que les Saintes Ecritures projettent sur Dieu, sur le monde physique et sur l'homme ; car nous sommes descendus dans l'arène pour défendre la cause de la Révélation. Maïs nous nous garderons d'opposer des citations de la Bible à des adversaires qui PU nient la divine autorité. Nous les attaquerons avec leurs propres armes, celles de la raison et de la con- .■r^cience. Nous soumettrons avant toutes choses leur méthode à un examen où l'autorité de la foi n'interviendra en matière quelconque. Nous accepterons ensuite pour base de la discussion leur idée de Dieu, ei nous montrerons que, si eux et nous, partant du même point, arrivons aux antipodes, la faute en est tout entière à leurs inconséquences et à leurs con- Iradiclions. Toute la ijuestion se réduit donc pour vous, messieurs, à peser les raisonnements de droite ei ceux de gauche, et à décider laquelle des deux chaînes de déductions est la plus solide.

Le sujet de notre étude sera: le Dieu vivant : —

créani, conservant et consommant le monde physique ; — gouvernant le monde moral, raclieiant Tlmmanité déchui', exauçant les prièrt^s des gens d(' bien et jugeant les méchants, élisant Israël, inspirani 'es pîophètes et opérant les miracles. Nous pénétrerons ainsi de la nature ou du parvis des gentils par celui des fidèles jusques dans le temple : mais nous nous arrêterons devant le voile du sanctuaire qui nous dérobe la vue des mystères divins.

Cependajit prouver la nécessité des divers ordres de surnaturel, ce n'est point encore prouver la réalité des faits consignés dans l'hisloire biblique. Nous devrions donc, suivant la méthode ^énérah-meni suivie, démontrer que les livres de TAncien et du Nouveau Testament méritent tous notre pleine confiance. C'est là une \oie longue et fatigante. J'en tenterai une plus courte et, j'ose bien dire, peu fréquentée, dans notre dernier entretien; il embrassera l'histoire du surnaturel depuis le premier jour de la création jusqu'à ces derniers temps qui dans le langage des Ecritures commencent avec Jésus-Christ, et cette histoire, si vous en portez le mêm.e jugement que moi, est si naturelle, si originale, si logique, si sainte qu'elle doit nécessairement être véritable.

§ 3. La méthode.

Veuillez, messieurs, prêter à l'examen de la méthode des déistes et de la nôtre une attention par-

ticalière. Toute philosophie et toute religion valent ce que vaut la voie qu'elles suivent pour arriver à la vérité. Mais l'appréciation de leurs voies diverses est fort délicate, et elle devient assez difficile quand on est resserré par le temps comme c'est ici le cas.

Le déisme est éminemment dogmatique. Il affirme que « le premier mot de la philosophie doit être de proclamer que Dieu existe', >> et ce langage nous rappelle que le premier mot de nos saints livres est Dieu : « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre. -^

Mais ce premier mot est ici une révélation certaine de Dieu aux hommes, là une vérité évidente qu'a découverte l'homme par sa raison.

Par la raison? Mais de quelle raison s'agil-il? Est-ce de celle des tribus sauvages dont la religion soi-disant naturelle est le fétichisme? Esl-ce de celle des Chinois qui avouent avec Confucius n'avoir aucune réponse à toutes les questions relatives à la Divinité? Est-ce de celle des Hindous qui dans leurs spéculations ne se dégagent jamais des chaînes du panthéisme ? Esl-ce de celle des Grecs et des Romains? mais leur philosophie, vers le terme de sa carrière, au temps de Cicéron, n'osait pas affirmer l'existence d'un Dieu personnel, ni l'immortalité de l'âme, et ne donnait aux âmes avides de vérité que d'hypothétiques espérances. Esl-ce la raison de

* Heî. liât., pag. 27.

LA MÉTHODK. 47

Bruno, de Spinoza, de Schelling, de Hegel, loue panlhéisies ? Est-ce celle des matérialistes Helvéïius elFeuerbach? Et si c'est celle de Descaries et de Rousseau, comment afTirme-t-elle avec une lelle assurance ce qui était l'objet de beaucoup de doutes et de contestations pour un Cicéron ou un Sénèque ? Entre les derniers siècles du monde païen el nos siècles modernes, quels si grands progrès avait donc fait la philosophie? Elle avait dormi du plus profond sommeil, et avait laissé la théologie penser pour elle. N'est-il donc pas évident que la raison si dogmaliste — des déistes est celle de l'esprit humain illumirjé et discipliné pendant quinze siècles par la révélation chrétienne?

Mais laissons nos adversaires à leur ingratitude inconsciente envers le christianisme ; ne les troublons pas dans leurs illusions .>ur leur religion naturelle, et voyons quelles sont les sources où ils puisent leur connaissance de Dieu.

Si je comprends M. J. Simon, qui ne s'exprime pas clairement sur ce point, ces sources sont au nombre de trois : le raisonnement, la psychologie et l'instinct.

Le raisonnement: on sait d"une façon certaine, en partant de Tidée de l'absolu, que Dieu est parfait; en parlant de la nécessité d'une cause première, qu'il est créateur.

La psychologie : « Dieu ne se conclut de rien, mais Il s'aperçoit partout. Il ne s'agit que de savoir regarder. La réflexion bien conduite nous donnera tant

4o LE DIEU MORT ET LE DIEU VIVANT.

de lumières, que la présence de Dieu éclatera pour nous dans tous nos actes, dans tous nos sentiments, dans toutes nos pensées. »•

L'instinct : « Il y a dans les âmes comme un besoin violent de se rattacher à Dieu. » « Notre raison, en se développant, s'élève vers Dieu comme par une force invincible'. »

Ces trois sources-là, nous les connaissons et les fréquentons aussi bien que les déistes.

Oui, dans notre âme est un instinct divin'*, une foi native, qui est distincte de notre instinct moral ou notre conscience, et de notre instinct des vérités absolues ou notre raison. Tout homme qui n'est pas aveuglé par ses préjugés dogmatiques ou abruti par le vice, sent sa dépendance de Dieu, se sent pressé de recourir à Dieu dans toutes ses détresses, et sent, quand il a péché, la crainte de la justice de Dieu s'ajouter aux morsures de la conscience.

Puis, l'homme est tout amour, comme Ta dit Platon, tout aspiration au souverain bien, à l'idéal, à l'infini. Chacune de ses facultés morales tend vers un but qui est à une incommensurable élévation audessus de lui , et elles convergent vers un point inaccessible à ses regards, qui est Dieu même.

Le besoin de Dieu au fond de notre âme, l'idée de

* Pag. XX, XXVI, 31, 214.

* Voy. le traité fort remarquable de M. de Murait sur l'Instinct divin dans le second volume de ses Lettres sur les Anglais, les Français, etc., 1747.

Dieu sur nos lêles : voilà ce qui fait notre essence et ce qui nous distingue absolument de l'animal.

L'idée de Dieu, enfin, se décompose par le raisonnement en un certain nombre de perfections qui nous fournissent chacune une preuve nouvelle de l'existence de Dieu, et son existence acquiert par toutes ces preuves le plus haut degré d'évidence que puisse donner la déduction.

Mais la déduction est la voie par laquelle nous tirons des sombres profondeurs de noire esprit au grand jour de la conscience les vérités abstraites, soit métaphysiques, soit morales, soit mathématiques. Dieu ne serait-il donc qu'une vérité ab:3traite, pour que nous l'abordions par la voie de la déduction ? Son idée est en nous, je le veux; même elle fait noire essence, et nous pouvons et devons l'éclairer par l'analyse. Mais l'évidence de ceîte idée sufïit-elle aux besoins de notre esprit? Dieu n'exisle-t-il pas hors de nous? n'esi-il pas la réalité des réalités? et le raisonnement est-il la voie par laquelle nous acquérons la connaissance du monde réel, des êtres et des choses visibles ou invisibles qui existent hors de nous, du non-moi ?

11 y a pour l'homme trois méthodes distinctes pour arriver à la vérité : la déduction, qui nous fournit les idées abstraites; l'observalion ou l'induction, avec le témoignage d'anlrui, qui nous livre une multitude de faits ou d'idées concrètes, et V assimilation, qui est la

IL FAUT CHOISIR. i

synthèse des deux, et qui marie les faits et les abstractions dans le temple de la Découverte '.

Ainsi l'homme est, tour à tour, Taraignée qui lire de sa propre substance des fils déliés dont elle tisse des toiles, d'une belle symétrie, mais de peu de consistance ; la fourmi qui entasse sans ordre dans ses magasins une foule de provisions , et l'abeille qui s'assimile et digère tout ce qu'il y a de plus exquis dans le monde, l'abeille qui produit, non plus de pauvres toiles, mais des rayons solides dont les cellules, d'une forme mathématiquement régulière, sont remplies d'un miel aussi doux et suave que sain et nutritif.

Or l'induction donne la certitude, Tassimilation la conviction, et les déistes, qui ne connaissent Dieu que par la déduction , pourront bien trouver son idée évidemment vraie, mais jamais ils ne seront assurés et convaincus de son existence.

M. Leverrier avait, par ses calculs, prouvé jusqut» à l'évidence l'existence d'une planète au delà d'Uranus; mais cet astre serait resté problématique si l'on n'avait pas réussi à le voir. L'observation directe pouvait seule, ici comme en tout autre cas analogue, créer la certitude.

Or, messieurs, nous possédons, avec l'évidence, la certitude et la conviction que Dieu est.

• J'ai exposé au long la nature de cette dernière méthode dans les Lettres XVI et XVII de Christ et ses témoins.

La certitude, disons-nous. En effet, Dieu, qui est la réalité même, sait que, d'après les lois qu'il a données à l'esprit humain, tous les raisonnements sur l'exislence dtvs êtres réels ne valent pas le moindre regard jeté sur eux. Il devait donc nécessairement se montrer à l'humanité, s'il voulait qu'elle fût inébranlablement certaine de son existence, et il devait le vouloir, parce que cette certitude est le fondement de toute notre vie morale. Aussi s'est-il montré, dès l'origine, aux ancêtres du genre humain, qui en ont transmis la mémoire à toute leur postérité; plus tard il s'est révélé à son peuple élu pour raviver et centupler la foi dans le cœur des Israélites, et, enfin, il a envoyé sur la terre son Fils, qui a pu dire : a Celui qui m'a vu, a vu mon Père \ » Les témoignages au-** ihentiques de ces théophanies forment, avec les paroles inspirées des prophètes, le contenu de nos saints Livres, et nous, qui pensons avoir d'excellentes raisons d'admettre la crédibilité de ces livres, nous nous trouvons en possession d'un moyen de connaître Dieu, que les déistes, non-seulement n'emploient pas, mais qu'ils condamnent et rejettent. Qu'ils ne voient dans la Bible que des mythes : ils en sont libres, et nou.^ leur répondrons plus tard. Mais ils devront confesser (lue, Dieu étant un être réel et non une idée, la déduction ne peut suffire pour donner la certitude de son existence.

La conviction. En nous assimilant à la façon de-

' Jean XIV. 9.

l'abeille, la vérité divine que nous offrent les révélations bibliques, en mettant en pratique les commandements de notre Dieu, en croyant à ses promesses et à ses menaces, en nous mettant en relation avec lui par la prière, nous reconnaissons de jour en jour davantage que cette vérité-là est faite pour notre âm<» comme la lumière pour notre œil, et que ce Dieu est un Dieu vivant qui répond à nos demandes par ses grâces spirituelles et par ses délivrances. Ces expériences intérieures ajoutent à Tévidence des raisonnements et à la certitude des témoignages une conviction qui s'accroît jusques au point où le croyant est inaccessible à tous les doutes. Les déistes nieront, s'ils le veulent, l'objectivité de ces expériences; mais ils conviendront que cette méthode d'assimilation est en parfaite harmonie avec la théorie philosophique de la connaissance, et nous établirons, dans notre troisième entretien, la parfaite réalité des exaucements des prières.

La question de la méthode ainsi vidée, ouvrons la discussion sur la vraie idée de Dieu.

§ 4. L'idée de Dieu.

Des deux parts on proclame que Dieu est. Que sait-on de sa nature et de ses attributs? « Le second mot de la philosophie, dit M. Simon

l'idée de dieu. 53

doit être que Dieu est incompréhensible. » Il Test parce qu'il est l'infini, que nous somnoes finis, et qu'une intelligence finie ne peut comprendre un être « ayant en lui l'indivisible plénitude de la perfection \ »

* Je suis celui qui suis, » a dit de lui-même notre Dieu*, et nous ne sommes devant lui que néant.

« Nul n'est semblable à l'Eternel. » répétons-nous Hvec les écrivains inspirés ^ -« Atteindrais-tu le fond lie Dieu en le sondant? disait Tsophar à Job. Atteindrais-tu à la science parfaite du Tout-Pnissant? Ce >ont les hauteurs des cieux : qu'y ferais-tu? Ce sont de plus grandes profondeurs que les enfers: qu'y connaî(rais-tu *? » « 0 profondeur! « s'écriait St. Paul, en embrassant du regard l'œuvre de la rédemption de l'humanité; « que les jugements de Dieu sont impénétrables et ses voies incompréhensibles ^ ! » « 0 profondeurs, « répétons-nous à notre tour à chaque découverte que les sciences font dans les mystères des lois de la nature, dans les espaces incommensurables des cieux étoiles, dans le monde, plus surprenant encore, des êtres organisés d'une petitesse infinie. D'âge en âge l'idée traditionnelle du Dieu révélé s'agrandit, s'élargit, s'approfondit dans l'esprit du

' Pag. XWII, 49, 69, 219 , etc. — » Ex. III, 14. — ' Voy. La (jOncordance de M. Mac Kenzie au mot Semblable. — * Job XI, 7-9; XXVI, U; XXXVII, 23; XLil, 3; Ps. XXXVI, 7 ; LXXI, 19; cm, U ; CXXXIX , 6 ; CXLVII, 5 ; Prov. XXX , i ; Esa. XL , 28 ; LV, 9. — ' Rom. XI. 3.3-35: comp.Eph. I, 19.

fidèle sans jamais s'altérer, et devient de plus en plus incompréhensible sans rien perdre de ses clartés acquises et de son inébranlable certitude.

Mais Dieu est-il absolument incompréhensible, au dire des déistes ?

Il Test absolument, disait il y a vingt-cinq siècles le premier des philosophes païens, Xénophanes, qui, renversant dans son esprit toutes les idoles des faux dieux nationaux, s'était élevé, par un sublime effort de sa raison, à l'idée de l'être infini et absolu. «Dieu n'est semblable aux mortels ni de corps, ni d'esprit, h

Il l'est absolument, disait au siècle dernier un philosophe allemand , Jacobi , qui n'admettait d'autre source de la vérité que le sentiment religieux. « Un Dieu qu'on peut connaître n'est pas un Dieu. »>

Il l'est absolument, répètent aujourd'hui en France des spirilualistes qui ont fait de la nature une étude exclusive '. Ils savent assez de Dieu sans doute pour affirmer qu'il n'est ni Véternel devenir des panthéistes ou leur dieu qui est en train de se faire; ni l'idéal de M. Vacherot, qui n'existe que dans l'esprit de l'homme ; ni la nature aveugle, à laquelle les matérialistes accordent les attributs de l'intelligence créatrice. Mais essayer de définir Dieu leur paraît « une entreprise insensée, même ridicule... Il y a entre l'infini et le fini une distance sur laquelle aucun pont ne peut être

• Flamarion. Dieu dans la nature.

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jeté. Dieu est par sa nature même inconnaissable el incompréhensible pour nous \ "

Distinguons, dit à son tour M. J. Simon, qui a sur les déistes naturalistes l'immense avantage de connaître l'homme, ses aspirations, sa liberté morale; car l'âme raisonnable reflète moins confusément l'image de Dieu que ne peut le faire le monde matériel. « Si nous ne connaissons rien de Dieu sinon qu'il existe, nous rendrions tous nos raisonnements inuliles, en les faisant aboutir à un nom qui n'exprimerait rien pour notre pensée ; mais nous pouvons connaître certains attributs de Dieu et certains de ses actes, sans avoir le droit pour cela de dire que nous comprenons sa nature. Dieu est incompréhensible à ia raison : il ne lui est pas entièrement inaccessible. Je puis toucher une montagne, dit Descartes, quoique je ne puisse l'embrasser ^ »

Pour nous, qui avons sur les déistes moralistes le double avantage de croire en un Dieu qui se révèle ( et d'apprendre à le connaître dans notre vie de foi et de recueillement, nous devons manifestement connaître Dieu moins incomplètement que tous les philosophes spiritualistes. Toutefois, le Dieu qui se montre, n'en est pas moins le Dieu infini et incompréhensible. Il se montre et tout à la fois se dérobe à nous et dans les œuvres de la création, et dans les voies de sa providence, et dans les décrets de sa ré-

« Id. pag. 519. - * Pag. 37 et 38.

demptfon. St. Paul l'a dit: Notre connaissance de Dieu est fragmentaire, et ce que nous connaissons de lui s'offre à notre esprit comme dans un miroir peu distinct et sous une forme énigmatique.

Quelle sera donc la formule de notre connaissance de Dieu?

Les déistes disent: Nature incompréhensible, certains attributs accessibles à la raison.

Nous dirons avec Pascal : « Un Dieu caché en parlie, découvert en partie, » et nous aurons cette for-r mule constamment présente à l'esprit dans nos présentes études : car elle stimule la paresse et met un frein à la présomption.

Y a-t-il réellement accord entre les déistes et nous sur les limites de rincompréhensibilité divine? M. Simon semble le croire \ Il serait sans doute fort étrange qu'avec des méthodes aussi différentes on arrivât des deux parts à des résultats identiques. Mais il est vrai de dire que les déistes et nous faisons la même réponse à la question suivante, qui semble trancher le débat :

Que sait-on, dans les deux partis, du Dieu incompréhensible, du Dieu caché?

Vous connaissez tous, messieurs, la réponse des chrétiens :

Dieu est Celui qui est. Seul infini, seul parfait, seul nécessaire, seul absolu, il se nomme l'Eternel, l'Im-

* Pag. 38.

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